Le géant pharmaceutique américain Pfizer a remporté une bataille acharnée pour le rachat de Metsera, une entreprise spécialisée dans le développement de médicaments contre l’obésité, pour la somme de 10 milliards de dollars (environ 9,3 milliards d’euros). Cette acquisition permet à Pfizer de s’implanter sur un marché en pleine expansion, mais met fin aux ambitions de Novo Nordisk, son concurrent danois.
Metsera a finalement accepté l’offre révisée de Pfizer vendredi soir, invoquant des inquiétudes liées à un éventuel blocage par les autorités antitrust américaines concernant l’offre précédente de Novo Nordisk, jugée supérieure. Novo Nordisk a confirmé samedi qu’elle se retirait de la course, estimant que le prix et les risques réglementaires étaient trop élevés.
« Nous pensons que la structure de notre éventuel accord de fusion est conforme aux lois antitrust », a déclaré Novo Nordisk dans un communiqué. L’entreprise danoise a augmenté à deux reprises son offre pour Metsera, atteignant environ 10 milliards de dollars, mais a finalement renoncé à poursuivre, privilégiant la discipline financière et la valeur pour ses actionnaires.
L’acquisition de Metsera offre à Pfizer un accès potentiel à de nouveaux traitements contre l’obésité, bien que ces médicaments soient encore en phase de développement et nécessiteront plusieurs années d’approbation réglementaire. Cette opération représente un revers pour Novo Nordisk, qui cherchait à gagner du terrain face à son rival américain Eli Lilly dans le domaine des traitements contre l’obésité.
Metsera a justifié son choix en soulignant les « risques juridiques et réglementaires inacceptablement élevés » liés à l’offre de Novo Nordisk, notamment après l’ouverture d’une enquête par la Federal Trade Commission (FTC) américaine sur d’éventuelles violations des lois antitrust. La FTC avait averti les deux entreprises que leur accord pourrait entraver la concurrence.
Pfizer prévoit de finaliser la fusion après l’assemblée générale des actionnaires de Metsera, prévue le 13 novembre. Selon l’analyste Courtney Breen de Bernstein, le prix de 10 milliards de dollars repose sur des prévisions optimistes concernant les performances futures de Metsera, estimant que Pfizer devrait générer environ 11 milliards de dollars de revenus grâce à cet accord d’ici 2040, soit près du double des projections actuelles de Metsera. Elle a également souligné un scepticisme croissant quant à la tarification à long terme des médicaments GLP-1, qui pourrait impacter les marges bénéficiaires.
Le conseil d’administration de Metsera a recommandé à ses actionnaires d’approuver l’offre modifiée de Pfizer. L’entreprise de biotechnologie est actuellement déficitaire et les analystes prévoient des pertes continues tant que ses médicaments resteront en développement.
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