L’inquiétude est à son comble chez les commerçants du Rhône et de la Loire à l’approche des élections municipales. Une enquête alarmante révèle un désespoir profond, poussant les acteurs économiques à lancer un plan d’urgence pour sensibiliser les futurs élus.
Plus de la moitié des commerçants de la région (51 %) envisagent l’avenir avec pessimisme ou une très forte inquiétude pour les douze prochains mois. Le constat est d’autant plus préoccupant qu’un nombre significatif d’entre eux, 800 sur 1 244, ne voient plus aucune solution ni aide possible à leur situation actuelle.
« Ils ne croient plus en rien », déplore Antoine Martinez, restaurateur et vice-président de la commission Commerce de la Chambre de Commerce et d’Industrie (CCI) du territoire. Il souligne que cette réponse à la question « qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse pour vous aider ? » est particulièrement révélatrice d’un sentiment de désespérance « terrifiant ».
Face à cette crise, la CCI Saint-Étienne, la CCI Roanne, la CCI Lyon Métropole, la Confédération des Petites et Moyennes Entreprises (CPME) du Rhône (69) et de la Loire (42), ainsi que la Chambre de Métiers et de l’Artisanat, ont conjointement élaboré le « plan commerce Rhône-Loire ». L’objectif est de sensibiliser les candidats aux élections municipales de mars prochain aux difficultés rencontrées par les commerçants.
« J’attends des candidats qu’ils intègrent nos actions dans leur programme », insiste Irène Breuil, directrice générale de la CCI Lyon Métropole. « Nous écouterons tous les candidats, puis nous travaillerons avec l’élu qui sera désigné. »
Le plan d’urgence identifie des freins bien connus, tels que les problèmes de stationnement, les travaux et la circulation, mais rappelle que des solutions ne peuvent être mises en œuvre sans l’engagement des pouvoirs publics. Des pistes concrètes sont proposées, notamment des rendez-vous gratuits et personnalisés pour les commerçants en difficulté, des campagnes de communication pour valoriser le commerce local, des achats groupés de matières premières et la création de chèques-cadeaux sur le modèle des centres commerciaux.
