Plus de 150 étudiants cubains sont actuellement en Russie pour se former aux métiers du rail, dans le cadre d’un vaste programme de modernisation du système ferroviaire de l’île. Cette initiative, fruit d’un accord bilatéral entre Cuba et la Russie, vise à combler un manque crucial de compétences techniques et à relancer un secteur vital pour l’économie nationale.
Selon le ministre cubain des Transports, Eduardo Rodríguez Dávila, ces étudiants suivent des cursus spécialisés dans des domaines clés tels que l’ingénierie des opérations ferroviaires, l’ingénierie des véhicules ferroviaires, l’ingénierie des infrastructures ferroviaires, l’automatisation, la télématique et les télécommunications ferroviaires. « Ces spécialisations sont précisément adaptées aux besoins de notre système ferroviaire national », a-t-il précisé sur son compte Facebook.
Actuellement, 98 étudiants sont inscrits dans des établissements prestigieux comme l’Université russe des transports (MIIT) et l’Université d’État des communications de Saint-Pétersbourg. 57 autres employés du système ferroviaire cubain poursuivent des études de maîtrise et une formation technique avancée en Russie. Le gouvernement cubain et la Russie partagent les frais de scolarité, en fournissant des bourses et une aide financière pour couvrir le logement, les repas et autres dépenses.
Ce programme de formation s’inscrit dans une stratégie plus large de coopération technique entre Cuba et la Russie, qui se renforce ces dernières années. La Havane considère cette collaboration comme essentielle pour assurer une « transition technique et professionnelle » dans le secteur ferroviaire, un domaine que le ministre Rodríguez Dávila qualifie de « stratégique pour l’économie nationale ». Des cours de formation et des stages pour les managers et les professionnels du secteur sont également prévus dans les années à venir.
Si le ministre a mis en avant les aspects positifs de cette initiative, il n’a pas abordé directement l’état critique du réseau ferroviaire cubain. Ce dernier souffre depuis des années de négligence, de pénurie de pièces détachées, de déraillements fréquents et d’interruptions de service. Les locomotives vieillissantes et les voies délabrées témoignent des difficultés de l’État à maintenir une infrastructure autrefois considérée comme un symbole de progrès.
L’aide russe s’étend à d’autres domaines clés, notamment l’énergie, et s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation plus vaste. Les bourses offertes à des centaines de jeunes Cubains, incluant un soutien financier et un hébergement, sont perçues par Moscou comme un moyen d’exercer une influence technique et éducative sur l’île. Cet échange académique, bien que présenté comme une collaboration, renforce la dépendance de Cuba à l’égard de la Russie et consolide une alliance qui dépasse le simple cadre de l’éducation pour soutenir l’appareil d’État cubain.
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