Home SantéPlus de 50 % des crises cardiaques chez les jeunes femmes ne sont pas dues à des artères obstruées : ScienceAlert

Plus de 50 % des crises cardiaques chez les jeunes femmes ne sont pas dues à des artères obstruées : ScienceAlert

by Sophie Martin

Publié le 28 décembre 2025 à 12h02. Une étude américaine révèle que les causes des crises cardiaques, particulièrement chez les femmes et les jeunes adultes, sont souvent mal diagnostiquées et vont bien au-delà du simple blocage des artères.

  • Plus de la moitié des crises cardiaques chez les femmes de moins de 65 ans ne sont pas liées à l’athérosclérose, la cause traditionnelle.
  • L’inadéquation offre/demande myocardique (SSDM), un déséquilibre entre l’apport d’oxygène et les besoins du cœur, est une cause fréquente de crise cardiaque chez les femmes, notamment les plus jeunes.
  • Des affections comme les dissections spontanées des artères coronaires (SCAD) et les embolies sont souvent sous-diagnostiquées et peuvent conduire à des traitements inadaptés.

Les crises cardiaques sont traditionnellement attribuées à l’obstruction des artères, entraînant une athérothrombose – un blocage du flux sanguin vers le cœur par des caillots. Cependant, une nouvelle étude menée par la Mayo Clinic aux États-Unis suggère que cette vision est incomplète, en particulier chez les jeunes adultes et les femmes.

Les chercheurs ont analysé 1 474 événements de crise cardiaque survenus chez des personnes de 65 ans ou moins dans le comté d’Olmsted, Minnesota, entre 2003 et 2018. En examinant attentivement les dossiers médicaux et les images, ils ont identifié la cause principale de chaque crise.

Les résultats sont frappants : l’athérothrombose est responsable de 75 % des crises cardiaques chez les hommes, un chiffre conforme aux attentes. Mais chez les femmes, ce pourcentage tombe à moins de 47 %, soit moins de la moitié. Cette disparité a des implications majeures pour la prévention et le traitement des crises cardiaques.

Selon la cardiologue Claire Raphaël,

« Cette recherche met en lumière des causes de crises cardiaques qui ont toujours été sous-reconnues, en particulier chez les femmes. Lorsque la cause profonde d’une crise cardiaque est mal comprise, cela peut conduire à des traitements moins efficaces, voire nocifs. »

L’étude révèle que 34 % des crises cardiaques chez les femmes sont attribuées à une inadéquation offre/demande myocardique secondaire (SSDM). Cette condition se manifeste par un déséquilibre entre l’apport d’oxygène et les besoins du cœur, souvent déclenché par d’autres facteurs de stress sur l’organisme, tels que l’anémie ou une infection.

D’autres facteurs significatifs incluent les dissections spontanées des artères coronaires (SCAD), où des déchirures dans la paroi artérielle permettent au sang de s’accumuler, et les embolies (caillots sanguins provenant d’autres parties du corps).

Causes de crise cardiaque
Chez les personnes de moins de 65 ans, il existait des différences significatives dans les causes de crise cardiaque entre les hommes et les femmes. (Raphaël et al., JACC 2025)

L’étude précise que chez les femmes de 45 ans ou moins, la SSDM est la cause la plus fréquente de crise cardiaque. De plus, les causes coronariennes aiguës non athérothrombotiques (SCAD, embolie, spasme et MINOCA – non défini) sont aussi fréquentes que l’athérothrombose.

Les patients atteints de SSDM présentent les taux de mortalité toutes causes confondues les plus élevés dans les cinq années suivant la crise, ce qui suggère une population plus vulnérable en raison de maladies sous-jacentes.

L’équipe de recherche a également constaté que de nombreuses crises cardiaques liées au SCAD étaient initialement diagnostiquées à tort comme étant dues à l’athérothrombose, en particulier chez les femmes, où le SCAD est six fois plus fréquent.

Un diagnostic erroné peut conduire à une approche thérapeutique inappropriée et compromettre les chances de prévenir de futures crises.

Le cardiologue Rajiv Gulati souligne l’importance d’une meilleure sensibilisation :

« Notre recherche met en évidence la nécessité de repenser la manière dont nous abordons les crises cardiaques chez cette population de patients, et chez les jeunes femmes adultes en particulier. Les cliniciens doivent être plus conscients des affections telles que la SCAD, l’embolie et les déclencheurs liés au stress, et les patients doivent demander des réponses lorsque quelque chose ne va pas. »

Les chercheurs souhaitent désormais approfondir l’étude des différences entre les hommes et les femmes, qui pourraient être liées à des facteurs de risque spécifiques ou à une moindre propension des femmes à consulter un médecin.

Aux États-Unis, une crise cardiaque survient toutes les 40 secondes, et les recherches se poursuivent pour mieux comprendre les facteurs de risque, tels que la vie urbaine, l’alimentation et la pollution atmosphérique.

L’étude a été publiée dans le Journal of the American College of Cardiology.

Une version antérieure de cet article a été publiée en septembre 2025.

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