Publié le 2025-11-03 12:38:00. À l’approche de l’hiver, les niveaux de vitamine D chutent chez de nombreux Allemands, un phénomène exacerbé par la pandémie et le manque d’exposition au soleil, avec des conséquences potentielles sur la santé.
- Plus de 35 % des Allemands souffraient d’un déficit en vitamine D pendant la pandémie, contre près de 31 % avant la crise sanitaire.
- Un taux de vitamine D inférieur à 20 µg/l (50 nmol/l) est considéré comme insuffisant, mais plus de 60 % de la population allemande ne respecte pas les apports recommandés.
- La production de vitamine D par l’organisme est fortement réduite en hiver, et l’alimentation ne suffit pas à couvrir les besoins.
La vitamine D, essentielle au bon fonctionnement de l’organisme, est de plus en plus rare en Allemagne. Une étude récente publiée dans Communications Natural révèle une augmentation significative des cas de carence depuis la pandémie de Covid-19. Si avant la crise, environ 31 % des Allemands étaient concernés, ce chiffre a grimpé à plus de 35 % pendant la période de restrictions sanitaires.
Les personnes concernées se caractérisent par des taux de sérum inférieurs à 20 µg/l, ce qui équivaut à environ 50 nmol/l. La Société allemande de nutrition (DGE) estime que plus de 60 % des Allemands ne consomment pas suffisamment de vitamine D. Cependant, les experts ne diagnostiquent une véritable carence qu’en cas de taux inférieurs à 30 nmol/l (12 µg/l), selon l’Institut Robert Koch (RKI), où environ 15 % des adultes sont concernés.
Cette augmentation de la carence s’explique principalement par le mode de vie moderne. La vitamine D, surnommée « vitamine du soleil », est produite par la peau sous l’action des rayons ultraviolets B (UVB). L’Office fédéral de radioprotection (BfS) explique que lorsque la lumière du soleil frappe la peau, une provitamine D3 est créée, puis transformée en vitamine D active par des processus métaboliques. Or, de plus en plus de personnes travaillent à domicile et limitent leur exposition au soleil, ce qui entrave cette production naturelle. Les chercheurs de l’Université Ludwig Maximilian de Munich soulignent que les confinements, le développement du télétravail et les changements dans les habitudes de loisirs pendant la pandémie ont contribué à cette baisse des niveaux de vitamine D.
La situation géographique de l’Allemagne, située à une latitude nordique, aggrave le problème. La production de vitamine D ne peut avoir lieu que de mars à octobre, et les rayons UVB sont souvent insuffisants en hiver. L’apport alimentaire, bien que nécessaire, est limité : selon la DGE, la plupart des gens ne consomment que 2 à 4 microgrammes de vitamine D par jour, alors que les besoins sont d’environ 20 microgrammes.
Les conséquences d’une carence en vitamine D peuvent être importantes. La DGE souligne que cette vitamine est essentielle à de nombreux processus physiologiques, notamment le métabolisme musculaire, l’absorption du calcium et du phosphore, et la santé des os. Un manque de vitamine D peut entraîner une décalcification osseuse, une faiblesse musculaire, une susceptibilité accrue aux infections, des douleurs osseuses, l’ostéomalacie et l’ostéoporose. Chez les enfants, une carence sévère peut provoquer le rachitisme, une maladie caractérisée par un défaut de minéralisation des os.
Pour corriger une carence en vitamine D, la DGE recommande une exposition solaire régulière. Le BfS conseille d’exposer le visage, les mains et les bras à découvert au soleil pendant environ douze minutes, deux à trois fois par semaine. Il est important de ne pas appliquer de crème solaire sur ces zones, car celle-ci bloque les rayons UVB nécessaires à la production de vitamine D, comme l’explique le dermatologue Jörg Reichrath dans un article publié par Springer. Cependant, pendant les mois d’hiver, il peut être nécessaire de recourir à des compléments alimentaires en vitamine D. Il est crucial de respecter le dosage approprié et le moment optimal de prise, car un excès de vitamine D peut également être nocif pour la santé.
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