Publié le 27 décembre 2025 à 02h17. Malgré les réserves exprimées par son ministre des Affaires étrangères, le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon a salué la conclusion d’un accord de libre-échange (ALE) avec l’Inde, un dossier qu’il considère comme crucial pour l’avenir économique de son pays.
- La Nouvelle-Zélande et l’Inde ont conclu un accord de libre-échange qui pourrait doubler le commerce bilatéral dans les cinq prochaines années et attirer 20 milliards de dollars d’investissements en Inde au cours des 15 années à venir.
- Le ministre néo-zélandais des Affaires étrangères, Winston Peters, critique ouvertement cet accord, le jugeant « ni libre ni équitable » et craignant des concessions excessives.
- Les négociations ont été marquées par des sensibilités particulières concernant les secteurs agricole et laitier, qui ont finalement été exclus du champ de l’accord.
L’accord de libre-échange entre la Nouvelle-Zélande et l’Inde, annoncé en début de semaine après des discussions entre le Premier ministre indien Narendra Modi et Christopher Luxon, suscite un débat au sein de la coalition gouvernementale néo-zélandaise. Christopher Luxon a défendu l’accord comme une promesse tenue et un moteur de croissance, estimant qu’il ouvrira la voie à 1,4 milliard de consommateurs indiens.
« Nous avions promis de conclure un accord de libre-échange avec l’Inde au cours de notre premier mandat, et nous l’avons tenu. »
Christopher Luxon, Premier ministre néo-zélandais
Selon le Premier ministre Luxon, cet accord s’inscrit dans une stratégie plus large visant à « réparer les bases et construire l’avenir ». Il prévoit notamment une augmentation des exportations, des revenus plus élevés et la création d’emplois.
Cependant, le ministre des Affaires étrangères, Winston Peters, leader du parti New Zealand First (NZF), a exprimé de vives critiques à l’égard de l’accord, le qualifiant de « ni libre ni équitable ». Il a même fait part de ses préoccupations directement au ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, tout en affirmant son respect pour ce dernier.
Peters soutient que l’accord accorde trop de concessions à l’Inde sans obtenir de contreparties suffisantes pour la Nouvelle-Zélande. Il a mis en garde contre une précipitation des négociations sans un large consensus politique.
« New Zealand First a exhorté son partenaire de coalition à ne pas se précipiter pour conclure un accord de mauvaise qualité avec l’Inde et à utiliser les trois années de ce cycle parlementaire pour obtenir le meilleur accord possible. »
Winston Peters, Ministre des Affaires étrangères néo-zélandais
Un point de friction majeur concerne le secteur laitier néo-zélandais. Peters déplore que la Nouvelle-Zélande ait ouvert complètement son marché aux produits laitiers indiens sans obtenir en retour une réduction des barrières tarifaires sur ses propres exportations de lait, de fromage et de beurre. Il estime que cet accord est défavorable aux agriculteurs néo-zélandais et difficile à défendre auprès des communautés rurales.
Selon Peters, cet accord est le premier accord commercial de la Nouvelle-Zélande à exclure ses principaux produits laitiers.
Les négociations pour cet accord ont débuté en mars. Les deux pays ont souligné qu’il reflète une ambition et une volonté politique partagées d’approfondir leurs liens bilatéraux. En 2024, le commerce de biens et de services entre l’Inde et la Nouvelle-Zélande s’est élevé à 2,07 milliards de dollars (USD), dont 1,1 milliard de dollars d’exportations indiennes. La Nouvelle-Zélande est actuellement le deuxième partenaire commercial de l’Inde en Océanie, selon un communiqué du gouvernement indien.
Au-delà des questions commerciales, Peters a également exprimé des inquiétudes concernant l’impact de l’accord sur la migration et le marché du travail néo-zélandais, estimant que certaines dispositions facilitent le mouvement des travailleurs indiens vers la Nouvelle-Zélande sans offrir les mêmes avantages à d’autres partenaires commerciaux, comme l’Australie ou le Royaume-Uni. Il craint que cela ne mette en péril l’accès des Néo-Zélandais à des emplois et l’intégrité du système d’immigration.
Peters dénonce la création d’une nouvelle catégorie de visa de travail spécifiquement destinée aux citoyens indiens, qu’il juge susceptible d’accroître les pressions sur un marché du travail déjà tendu.
