Publié le 13 octobre 2025 04:30:00. Une étude de Greenpeace révèle la présence de substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS), surnommées « polluants éternels », dans tous les échantillons de poissons, de moules et de crabes analysés en mer du Nord et en mer Baltique, avec des risques potentiels pour la santé, notamment chez les enfants.
- Près de la moitié des échantillons de poissons testés présentent un risque pour la santé des enfants à des niveaux de consommation habituels.
- Quatre échantillons sont considérés comme dangereux pour la santé des adultes.
- Greenpeace appelle le gouvernement autrichien à interdire rapidement tous les PFAS et à renforcer les contrôles alimentaires.
Des analyses indépendantes menées par Greenpeace sur 17 échantillons de poissons, de moules et de crabes pêchés en mer du Nord et en mer Baltique ont mis en évidence la présence généralisée de PFAS. Ces substances chimiques, connues pour leur persistance dans l’environnement et leur accumulation dans les organismes vivants, sont considérées comme particulièrement préoccupantes pour la santé humaine.
Selon l’étude, les PFAS les plus fréquemment détectés sont associés à des risques de cancer, de troubles du développement chez les enfants à naître et d’atteintes à des organes tels que le foie et la rate. Dans trois échantillons – du turbot, du hareng et de la plie – les concentrations mesurées dépassent même les limites maximales autorisées par l’Union européenne pour la consommation humaine.
L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a établi des seuils de consommation hebdomadaire de PFAS considérés comme sans danger. L’étude de Greenpeace révèle que ces seuils sont régulièrement dépassés. Un enfant de trois ans consommant moins de 50 grammes de poisson provenant de huit des 17 échantillons testés dépasserait déjà la quantité maximale recommandée. De même, quatre échantillons présentent un niveau de contamination tel qu’une portion normale de poisson consommée par un adulte entraînerait une ingestion de PFAS supérieure aux limites de sécurité hebdomadaires.
La consommation de poisson de la mer du Nord est courante en Autriche, où 94 % du poisson consommé est importé, dont près de la moitié provient d’Allemagne. L’étude ne permet pas encore de déterminer précisément quelle proportion de ce poisson importé est contaminée par les PFAS provenant de la mer du Nord ou de la mer Baltique. Greenpeace a donc demandé aux grandes enseignes de distribution et aux fabricants de vérifier la présence de ces toxines dans leurs chaînes d’approvisionnement et d’assurer la transparence envers les consommateurs.
Les résultats de cette étude soulignent l’ampleur de la pollution par les PFAS, dont certaines substances sont interdites dans l’UE depuis longtemps, mais qui persistent dans l’environnement en raison de leur extrême stabilité. Parallèlement, de nouvelles PFAS continuent d’être rejetées dans la nature chaque jour. Greenpeace appelle le gouvernement autrichien à soutenir une interdiction totale et rapide de tous les PFAS au niveau européen et, en attendant, à adopter des mesures nationales, comme l’interdiction de ces substances dans les emballages, les cosmétiques et les vêtements, à l’instar de la France et du Danemark.
Pour plus d’informations sur les résultats du laboratoire, consultez ce lien.
Des images et des graphiques illustrant cette étude sont disponibles ici. Les photos sont mises à disposition gratuitement pour un usage éditorial, avec les mentions de crédits appropriées.
« Le niveau de contamination par les PFAS dans les poissons et fruits de mer comestibles est alarmant, en particulier pour les enfants. Les familles doivent avoir l’assurance que leurs aliments sont sûrs. Tant que l’on ne sait pas exactement dans quelle mesure le poisson est affecté sur le marché autrichien, les détaillants et les autorités doivent assurer la transparence et veiller à ce qu’aucun produit contaminé ne se retrouve dans nos assiettes. »
Madeleine Drescher, experte consommation chez Greenpeace
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