Des chercheurs du Monterey Bay Aquarium Research Institute ont filmé en haute définition un spécimen de Macropinna microstoma, un poisson abyssal doté d’une tête transparente et d’yeux tubulaires. L’observation rarissime, réalisée à l’aide du robot Doc Ricketts, a interrompu les opérations scientifiques pendant vingt minutes au large de la Californie.
L’exploration des grands fonds réserve parfois des pauses inattendues aux équipes scientifiques. Lors d’une expédition de huit jours baptisée « Diving Deep for Delicate Drifters », des chercheurs ont croisé la route d’un spécimen vivant de Macropinna microstoma, communément appelé le poisson revenant ou poisson-tête transparente. L’événement s’est produit en fin de journée, alors que les opérations venaient de s’achever et que le robot submersible du MBARI entamait sa remontée vers la surface.
Vingt minutes d’arrêt face à une silhouette fantastique
L’apparition de la silhouette a immédiatement figé l’équipe à bord. Le temps et le robot se sont immobilisés pour une parenthèse de vingt minutes. Les chercheurs ont filmé l’animal sous tous les angles, saisis par la rareté de la scène. Shannon Johnson a consigné les détails de cette observation dans le logiciel d’annotation de l’institut de recherche.

Pour le Monterey Bay Aquarium Research Institute, ce type de rencontre demeure exceptionnel. En quarante ans d’exploration des grands fonds, l’équipe n’a croisé ce poisson qu’à onze reprises. C’est toutefois la toute première fois qu’un tel spécimen est immortalisé en haute définition 4K avec autant de précision.
Une anatomie conçue pour la chasse dans la pénombre
Derrière son allure surprenante se cache un redoutable mécanisme de survie. Évoluant dans la zone crépusculaire de l’océan où la lumière pénètre à peine, le poisson utilise son dôme transparent comme un poste d’observation avancé. Ses deux immenses yeux tubulaires, teintés de vert, guettent habituellement vers le haut pour repérer les ombres des proies en contre-jour.
Lorsque le prédateur identifie une cible, ses globes oculaires pivotent horizontalement à l’intérieur de la coupole pour suivre le mouvement. Cette bulle protectrice remplit une seconde fonction essentielle en isolant les yeux des tentacules urticants des siphonophores, au milieu desquels l’animal capture de petits crustacés.
Le robot Doc Ricketts filme un poisson abyssal
Une fois les vingt minutes d’observation écoulées, le robot Doc Ricketts a repris son ascension vers la surface. Le poisson a quant à lui regagné l’obscurité des abysses, laissant les chercheurs avec des images inédites de cette créature aux grandes nageoires et à la petite bouche.
>