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Pokrovsk – l’hiver prochain pourrait être décisif pour l’Ukraine,

Publié le 11 novembre 2025 10h48. L'armée russe concentre ses efforts autour de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, s'éloignant de son plan initial de conquête du Donbass, tandis que l'hiver approche et pourrait s'avérer décisif pour l'issue…

Pokrovsk – l’hiver prochain pourrait être décisif pour l’Ukraine,

Publié le 11 novembre 2025 10h48. L’armée russe concentre ses efforts autour de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, s’éloignant de son plan initial de conquête du Donbass, tandis que l’hiver approche et pourrait s’avérer décisif pour l’issue du conflit en Ukraine.

  • La Russie ne suit pas son calendrier initial pour la prise de contrôle du Donbass et concentre ses forces sur Pokrovsk.
  • Malgré un avantage numérique, les troupes russes peinent à percer les lignes de défense ukrainiennes, qui infligent des pertes importantes à l’envahisseur.
  • L’Ukraine dépend de l’aide occidentale, notamment en matière de munitions et de systèmes de défense aérienne, pour faire face à l’offensive russe et à la menace de frappes hivernales.

Alors que l’armée russe avait initialement pour objectif de reprendre complètement Pokrovsk, un important centre logistique dans la région de Donetsk, d’ici novembre 2024, ses troupes accusent un an de retard. Malgré un effectif supérieur, les forces russes n’ont pas réussi à briser rapidement les défenses ukrainiennes, qui continuent d’infliger des pertes considérables, estimées à plus de 20 000 soldats par mois. Cependant, selon des experts occidentaux, Moscou semble désormais privilégier la consolidation de son contrôle sur les ruines de la ville, en y déployant des renforts dans les quartiers détruits.

L’offensive russe ne se limite pas à Pokrovsk. Les troupes de Moscou progressent également vers Konstantinovka, tout en tentant de créer des « poches » au nord et au sud du front. L’utilisation accrue de drones à longue portée et de bombes planantes constitue une nouvelle menace, avec des effets dévastateurs sur les villes, à l’image de ce qui s’est passé à Kherson. Zaporozhye, centre économique du sud de l’Ukraine, est également menacée. Si le Donbass venait à tomber, la prochaine cible du Kremlin serait vraisemblablement Kharkiv.

Les analystes décrivent la stratégie russe comme un plan en trois étapes. La première, d’ordre militaire, vise à occuper ou à détruire suffisamment de territoire pour rendre l’Ukraine économiquement dépendante de la Russie. Le Kremlin ambitionne de conserver le contrôle de sept régions, dont quatre ont déjà été annexées, ainsi que de Kharkiv, Nikolaïev et Odessa. La seconde étape est politique : soumettre Kiev par la pression économique et la menace d’une nouvelle guerre. Enfin, la troisième étape consisterait à intégrer complètement l’Ukraine dans la sphère d’influence russe, sur le modèle de la Biélorussie.

Si la première étape est loin d’être achevée, la Russie espère épuiser l’armée ukrainienne. Le rythme de l’offensive reste cependant lent, malgré les pertes importantes subies. L’Ukraine aborde son quatrième hiver de guerre. Sa capacité à résister dépendra de trois facteurs clés : ses ressources, son potentiel humain et sa détermination. L’Europe prend progressivement en charge la fourniture de munitions, en investissant dans la production d’obus, de drones et de missiles. La pénurie de systèmes de défense aérienne reste toutefois un problème crucial.

L’armée ukrainienne, bien que nombreuse, est confrontée à une pénurie d’infanterie entraînée. La priorité est désormais accordée à la formation de haute qualité et à l’intégration des nouveaux combattants dans les brigades de combat. Selon la revue Foreign Affairs, cet hiver pourrait être décisif.

« La Russie produit plus de missiles que jamais auparavant, tandis que le réseau électrique ukrainien, paralysé, n’est plus en mesure d’alimenter l’ensemble du pays… Si la Russie parvient à accélérer ses progrès – peut-être en combinant l’effondrement des lignes défensives de l’Ukraine et le dépeuplement des centres clés proches du front – elle pourrait tracer la voie pour imposer la soumission de l’Ukraine en 2026. »

Foreign Affairs

Les experts soulignent toutefois que la bataille décisive se jouera non seulement sur le front, mais aussi sur le plan de la stratégie occidentale. « Un cessez-le-feu ne sera pas obtenu par des gestes symboliques ou des concessions à Moscou. Le Kremlin ne changera de comportement que sous une réelle pression économique et militaire », estime la publication.

Comme le soulignent les observateurs, le temps ne joue pas en faveur de Kiev et chaque hiver pourrait désormais s’avérer déterminant. Néanmoins, il reste une chance de tenir le front. La revue conclut :

« L’Ukraine a encore la possibilité de gagner du temps pour faire pression sur la Russie afin qu’elle réussisse. Mais elle ne peut pas résister indéfiniment. »

Foreign Affairs

L’armée et les volontaires ukrainiens tirent la sonnette d’alarme face à l’escalade des combats à Pokrovsk et dans la ville voisine de Mirnograd. Selon le Financial Times, l’avancée des unités russes dans ces villes pourrait servir de tremplin à une nouvelle offensive, et la pénurie de ressources humaines et le niveau élevé de stress post-traumatique compliquent la défense. Le colonel Markus Reisner, de l’armée autrichienne, a quant à lui déclaré que la ville de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, est tombée à 90 à 95 % sous contrôle russe.

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À propos de l’auteur: Nicolas Lefèvre

Nicolas Lefèvre couvre l’actualité française, de la vie politique aux questions sociales et économiques. Il privilégie les explications claires, les faits datés et les informations directement utiles au lecteur.