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Une étude met en garde contre une utilisation dangereuse des médicaments antiépileptiques malgré un accès croissant

Publié le 24 septembre 2025. Une étude internationale révèle une augmentation de l'accès aux médicaments antiépileptiques dans les pays à faible et moyen revenu, mais souligne des préoccupations quant à la prescription sécuritaire de certains traitements, notamment le…

Une étude met en garde contre une utilisation dangereuse des médicaments antiépileptiques malgré un accès croissant

Publié le 24 septembre 2025. Une étude internationale révèle une augmentation de l’accès aux médicaments antiépileptiques dans les pays à faible et moyen revenu, mais souligne des préoccupations quant à la prescription sécuritaire de certains traitements, notamment le valproate, connu pour ses risques sur le développement fœtal.

  • L’accès aux médicaments antiépileptiques s’améliore globalement, mais leur prescription n’est pas toujours conforme aux recommandations de sécurité.
  • Le valproate, un médicament largement prescrit, est associé à un risque accru de malformations congénitales et de troubles du développement neurologique chez les enfants.
  • L’Organisation mondiale de la santé (OMS) appelle à une meilleure éducation et à une adaptation des pratiques de prescription pour protéger les femmes en âge de procréer.

Une collaboration entre l’Organisation mondiale de la santé et des chercheurs de l’Université Aston a mis en lumière une situation paradoxale : si de plus en plus de personnes dans les pays à revenu faible ou intermédiaire ont accès aux médicaments antiépileptiques, leur utilisation n’est pas systématiquement encadrée par les précautions nécessaires. L’étude, menée entre 2012 et 2022 dans 73 pays, confirme une tendance positive en matière d’accès aux traitements neurologiques essentiels, mais soulève des questions cruciales quant à la sécurité des patients.

Le Dr Adrienne Chan et le professeur Ian Wong, à l’origine de cette recherche, pointent du doigt la prévalence de la prescription de valproate. Bien que classé comme « médicament essentiel » par l’OMS, ce traitement peut entraîner de graves malformations congénitales – spina bifida, fente palatine – et des troubles du développement neurologique, affectant l’intellect, la communication, le comportement et la mémoire des enfants exposés in utero. L’OMS a d’ailleurs publié des directives recommandant de ne pas prescrire le valproate aux femmes et aux filles susceptibles de tomber enceintes, considérant les troubles fœtaux liés à ce médicament comme un problème de santé publique mondial majeur.

Les chercheurs insistent sur l’urgence d’une sensibilisation accrue aux risques associés au valproate et sur la nécessité de proposer des alternatives thérapeutiques lorsque cela est possible. Si les pays à revenu élevé ont généralement mis en place des réglementations plus strictes et des programmes de prévention des grossesses pour limiter l’utilisation de ce médicament, la situation est différente dans les pays où les nouveaux traitements antiépileptiques sont moins abordables ou disponibles. Le valproate y reste souvent le choix privilégié, malgré les risques connus.

Cette étude a été commandée par l’OMS dans le cadre de ses efforts continus pour garantir une utilisation sûre et équitable des médicaments neurologiques essentiels à travers le monde. Les chercheurs ont analysé les données de ventes des pays concernés et prévoient d’approfondir leurs investigations en étudiant les tendances au sein de populations spécifiques et en évaluant la mise en œuvre des mesures de sécurité dans différentes régions. L’objectif est de mieux comprendre si le valproate est prescrit aux femmes en âge de procréer et d’évaluer les conséquences potentielles pour les enfants à naître.

« Nos résultats montrent que l’accès aux médicaments antiépileptiques s’étend à l’échelle mondiale, ce qui est une bonne nouvelle pour les patients qui n’avaient auparavant que peu ou pas d’options de traitement. Mais l’utilisation continue et généralisée du valproate dans certaines régions du monde est préoccupante, compte tenu de ses risques connus pendant la grossesse. Un plus grand alignement mondial sur la prescription et l’éducation sûres est nécessaire de toute urgence pour protéger les générations futures. »

Dr Adrienne Chan, Université Aston

Source:

Référence du journal :

Chan, AYL, et coll. (2025). Consommation de médicaments antiépileptiques dans 73 pays et régions de 2012 à 2022 : une étude de tendance longitudinale. eClinicalMedicine. doi: 10.1016/j.eclinm.2025.103558. https://www.thelancet.com/journals/eclinm/article/PIIS2589-5370(25)00491-2/fulltext

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À propos de l’auteur: Sophie Martin

Sophie Martin suit les sujets de santé, de prévention, de recherche médicale et de politiques publiques. Ses articles rappellent les limites de l’information générale et encouragent la consultation de professionnels qualifiés.