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Polisario : le jeu est terminé

by Amélie Bernard

Publié le 6 novembre 2025 à 05h07. L’adoption par le Conseil de sécurité de l’ONU de la résolution 2797 marque un tournant décisif dans le dossier du Sahara marocain, consacrant l’Initiative marocaine d’autonomie comme l’unique cadre de solution politique, et redessine les équilibres géopolitiques dans la région.

  • La résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU reconnaît l’Initiative marocaine d’autonomie comme la base exclusive d’un règlement politique durable.
  • Une décennie de diplomatie marocaine a permis de repositionner le Sahara comme un modèle de gouvernance territoriale avancée.
  • Les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont joué un rôle clé dans l’adoption de cette résolution, soutenus par une large coalition de pays arabes et africains.

Le 31 octobre 2025 restera une date charnière dans l’histoire du Sahara marocain. L’adoption de la résolution 2797 par le Conseil de sécurité de l’ONU met fin à des décennies d’ambiguïté stratégique concernant ce territoire. Ce texte, salué pour sa clarté et son poids politique, confirme que l’Initiative marocaine d’autonomie est désormais le seul cadre reconnu par la communauté internationale pour parvenir à une solution politique durable, dans le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Maroc.

Ce changement majeur n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une stratégie diplomatique marocaine patiente et méticuleuse. Au cours de la dernière décennie, le Maroc a réussi à transformer le débat international sur le Sahara, passant d’un conflit politique gelé à une question de gouvernance territoriale axée sur la stabilité, le développement et la coopération régionale. Cette approche a permis au Royaume de gagner en crédibilité et en influence sur la scène mondiale.

Le Front Polisario et son principal soutien, l’Algérie, se retrouvent désormais isolés sur le plan diplomatique. La résolution 2797 consacre implicitement la primauté des faits sur le terrain : le Sahara marocain est un espace de souveraineté effective, où la stabilité et la prospérité sont en marche. Cette réalité est désormais reconnue par les Nations Unies.

Les États-Unis ont joué un rôle déterminant dans l’élaboration de la résolution, en tant que porte-plume du dossier au sein du Conseil de sécurité. Leur position, soutenue par l’administration Biden, le Congrès américain et le Département d’État, s’inscrit dans une doctrine stratégique claire : Washington considère la souveraineté marocaine sur le Sahara comme un pilier de la sécurité transatlantique et de la lutte contre le terrorisme au Sahel et en Afrique du Nord.

La France et le Royaume-Uni, alliés historiques du Maroc, ont également apporté leur soutien à cette orientation. Paris, Londres et Washington forment désormais un trio diplomatique solide, convaincus que la souveraineté marocaine est non seulement une réalité juridique, mais aussi un atout géostratégique pour la sécurité énergétique et maritime euro-africaine.

Cette alliance occidentale est complétée par un large soutien arabe et africain. Les États du Conseil de coopération du Golfe, les Émirats arabes unis, Bahreïn, l’Arabie saoudite et le Qatar ont réaffirmé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc, et plusieurs d’entre eux ont même ouvert des consulats à Dakhla et Laâyoune, symboles d’une reconnaissance diplomatique pleine et entière. Plus de quarante États africains soutiennent désormais ouvertement la souveraineté du Maroc sur son Sahara, estimant que la stabilité du continent dépend du renforcement des États souverains et de la résolution des conflits hérités de la Guerre froide.

En Europe, vingt-trois pays, dont l’Espagne, les Pays-Bas, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie et la Croatie, ont déclaré que le plan d’autonomie marocain constitue la seule base sérieuse, crédible et réaliste pour une solution politique durable. Cette convergence transatlantique repose sur des intérêts économiques, énergétiques et sécuritaires communs.

Les abstentions de la Russie et de la Chine, bien que notables, ne constituent pas un rejet de la résolution. Elles reflètent plutôt un calcul géopolitique, lié aux tensions actuelles avec Washington sur d’autres dossiers stratégiques, tels que l’Ukraine, Taïwan et l’élargissement de l’OTAN. Ni Moscou ni Pékin n’ont souhaité bloquer la résolution, ce qui peut être interprété comme un signe de neutralité bienveillante envers le modèle de stabilité promu par le Maroc. Ces deux puissances, conscientes de l’importance économique du Royaume dans le commerce Sud-Sud et sur les routes énergétiques atlantiques, privilégient une approche diplomatique prudente, laissant la porte ouverte à une coopération future avec Rabat dans les domaines de la logistique, de la sécurité maritime et des corridors africains.

L’absence de l’Algérie au vote a été largement perçue comme un acte d’isolement diplomatique. En se retirant du processus onusien à un moment crucial, Alger a confirmé son incapacité à influencer la scène internationale dans un contexte de consensus mondial croissant autour du Maroc. Cette attitude renforce l’image d’un régime incapable de jouer un rôle stabilisateur dans la région.

Dans ce nouvel ordre mondial, le Polisario est confronté à une triple érosion : politique, géographique et sécuritaire. Il ne bénéficie plus du soutien des grandes puissances, est confiné à un territoire limité sous contrôle algérien, et est de plus en plus associé à des activités illégales, telles que le trafic d’armes et les liens présumés avec des groupes terroristes. Les États-Unis pourraient même envisager de désigner le Polisario comme organisation terroriste, suite à une initiative parlementaire soutenue par les deux partis.

Au-delà de ses implications institutionnelles, le discours prononcé par le roi Mohammed VI suite à l’adoption de la résolution 2797 a marqué un tournant géopolitique. Le souverain a lancé un appel au président algérien à engager un

« dialogue sincère et fraternel, sans gagnant ni perdant »

Mohammed VI, Roi du Maroc, déplaçant ainsi la question du Sahara du domaine de la confrontation à celui de la consultation stratégique. Cette initiative s’inscrit dans une logique plus large de reconfiguration régionale, où le Maroc se positionne comme une puissance d’équilibrage et un facteur de convergence dans un Maghreb longtemps fragmenté.

Le Maroc, fort de sa légitimité consolidée, se présente non pas comme un rival, mais comme l’architecte d’un nouveau réalisme maghrébin, fondé sur l’interdépendance et la responsabilité partagée. La stabilité du Maghreb et du Sahel dépend du leadership du Maroc et de sa capacité à créer un environnement propice à la paix et au développement partagé. Dans cette nouvelle réalité, le Polisario, instrumentalisé depuis des décennies, n’a plus de rôle à jouer. La résolution 2797 affirme non seulement la légitimité du Maroc, mais redéfinit également la perception internationale du conflit, ancrant la solution politique exclusivement dans l’Initiative marocaine d’autonomie, et transformant le Sahara marocain en une plaque tournante géoéconomique et sécuritaire de l’espace afro-atlantique.

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