Publié le 28 novembre 2025 15:55:00. Pourquoi certaines personnes semblent-elles tomber malades à chaque changement de saison, tandis que d’autres restent à l’abri des virus ? La réponse est complexe et combine prédispositions génétiques, mode de vie et facteurs environnementaux.
- La génétique joue un rôle majeur dans la susceptibilité aux rhumes et autres infections virales.
- Le stress chronique et le manque de sommeil affaiblissent le système immunitaire, rendant les individus plus vulnérables.
- L’environnement, notamment la promiscuité et l’air sec, favorise la transmission des virus.
Il est un fait universel : certains individus toussent et éternuent à la moindre bise, tandis que d’autres semblent immunisés contre les vagues successives de virus. En moyenne, un adulte attrape le rhume (causé par plus de 200 virus différents) deux à trois fois par an, et les enfants peuvent en être affectés six à dix fois. Mais pourquoi une telle disparité ? Les scientifiques s’intéressent de près à cette question, et les premières réponses pointent vers une combinaison de facteurs biologiques, comportementaux et environnementaux.
Des recherches menées par l’Université de Yale ont mis en évidence l’importance de la génétique. Les cellules épithéliales qui tapissent les voies respiratoires réagissent différemment au rhinovirus, principal responsable du rhume. Il a été constaté que les cellules nasales produisent une réponse antivirale plus forte, mais cette défense s’affaiblit si elles sont simultanément confrontées à d’autres stress, comme la sécheresse ou le froid.
« Lorsque vos voies respiratoires sont confrontées à deux facteurs de stress différents, il y a un compromis qui conduit à une susceptibilité aux infections. »
Ellen Foxman, chercheuse principale
Ce compromis explique pourquoi certaines personnes sont plus rapidement affectées que d’autres. Mais la génétique n’est pas le seul facteur en jeu. Le mode de vie joue également un rôle crucial. Un stress prolongé augmente les niveaux de cortisol, affaiblissant le système immunitaire et ralentissant la guérison des blessures. Le manque de sommeil et un rythme de vie irrégulier ont également un impact négatif sur les défenses immunitaires, tout comme le tabagisme et une alimentation déséquilibrée.
En hiver, le froid joue un rôle indirect. L’air sec irrite les muqueuses nasales et pharyngées, facilitant ainsi la pénétration des virus. De plus, les gens ont tendance à se rapprocher les uns des autres, ce qui favorise la transmission des agents pathogènes. Il est important de souligner que le froid en lui-même ne provoque pas le rhume – il s’agit d’un mythe tenace – mais il affaiblit les défenses locales du nez et de la gorge en réduisant l’apport sanguin.
L’environnement et le niveau d’exposition sont également déterminants. Les lieux publics fréquentés, comme les bureaux ou les transports en commun, sont des terrains propices à la propagation des virus, par le biais de la toux, des éternuements ou du contact avec des surfaces contaminées. Les enfants et les personnes âgées sont particulièrement vulnérables : leur système immunitaire est soit encore en développement, soit affaibli par le vieillissement. Le RIVM (Institut national pour la santé publique et l’environnement des Pays-Bas) souligne que les différences génétiques ont l’impact le plus important, mais que leur effet peut varier en fonction de l’agent pathogène.
En conclusion, bien que les rhumes soient difficiles à éviter, il est possible de réduire les risques en adoptant des mesures simples, telles que le lavage régulier des mains, un sommeil suffisant et une bonne gestion du stress. Comprendre les facteurs qui rendent certaines personnes plus susceptibles de tomber malades peut aider à mieux appréhender la saison hivernale et à la traverser plus sereinement.
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