Home AffairesPourquoi la patience de Trump s’épuise pour « évincer Maduro »

Pourquoi la patience de Trump s’épuise pour « évincer Maduro »

by Amélie Bernard

Publié le 5 janvier 2026 à 03h40. Initialement réticent à une intervention militaire au Venezuela, le président américain Donald Trump a finalement donné son feu vert à une opération visant à destituer Nicolás Maduro, après l’échec de tentatives de négociation.

  • Donald Trump a d’abord privilégié une solution diplomatique pour écarter Nicolás Maduro du pouvoir.
  • Le secrétaire d’État Mark Rubio a joué un rôle clé dans le revirement de la position de Trump, insistant sur le caractère inacceptable de négocier avec Maduro.
  • L’opération militaire a été autorisée après que Maduro a refusé un ultimatum lui demandant de démissionner et de s’exiler.

Selon des informations révélées par le Wall Street Journal, le président Trump a longtemps cherché à éviter une confrontation armée au Venezuela. Pendant des mois, il a misé sur la persuasion pour convaincre Nicolás Maduro de quitter ses fonctions, mais sans succès. L’administration américaine a d’abord envisagé une approche axée sur des concessions économiques, notamment un accès privilégié pour les compagnies pétrolières américaines aux ressources pétrolières vénézuéliennes, en échange du départ de Maduro.

En juillet dernier, lors d’une réunion à la Maison Blanche, le président Trump aurait exprimé son souhait de poursuivre les négociations et de privilégier le dialogue avec le régime de Maduro. Il considérait alors que l’obtention d’accords favorables aux intérêts américains, notamment dans le secteur pétrolier, primait sur la question de la démocratie au Venezuela. Il ne manifestait pas, à l’époque, d’intérêt particulier pour l’opposition vénézuélienne.

Cependant, cette stratégie a rencontré l’opposition de certains membres de son administration, en particulier le secrétaire d’État Mark Rubio. Issu d’une famille d’immigrants latino-américains, Rubio s’est montré sceptique quant à la possibilité de faire confiance à Maduro et craignait que des accords pétroliers ne fassent que renforcer son régime. Il a toujours plaidé pour un changement de régime.

Le Wall Street Journal rapporte que le point de bascule a été l’échec de la stratégie de négociation de Trump. Ses tentatives de persuader Maduro de démissionner en échange d’une grâce pour d’éventuelles accusations criminelles se sont soldées par des échecs répétés. Sa patience s’est alors épuisée. Rubio et d’autres partisans d’une ligne dure ont réussi à convaincre Trump que Maduro était un “trafiquant de drogue terroriste” qui ne renoncerait pas volontairement au pouvoir.

Dès l’automne, des responsables de l’administration Trump ont commencé à planifier concrètement l’éviction de Maduro. Des réunions régulières ont été organisées avec la participation de Mark Rubio, du secrétaire à la Défense Pete Hegseth, du directeur de la CIA John Ratcliffe, de Stephen Miller et du chef d’état-major interarmées Dan Kane.

Le 23 décembre dernier, le président Trump aurait présenté à Maduro un “ultimatum” lui demandant de démissionner et de s’exiler, notamment en Turquie. Le refus de Maduro a conduit Trump à approuver, fin décembre, une opération militaire contre le Venezuela. L’ordre final a été donné dans la nuit du 2 janvier.

Maduro, de son côté, aurait considéré la pression de Trump comme un “bluff” et dénoncé une tentative de pillage des ressources vénézuéliennes, notamment pétrolières. Lors d’un événement public en fin d’année, il a même dansé et chanté, déclarant en anglais approximatif :

« Je veux la paix. Ne vous inquiétez pas, soyez heureux. »

Nicolás Maduro, président du Venezuela

Selon le Wall Street Journal, Trump se serait plaint que Maduro ne prenait pas la situation au sérieux après avoir visionné la vidéo de cet événement.

Yunji Kim ([email protected])

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