Le cuivre a atteint des sommets historiques, dépassant les 12 000 dollars la tonne métrique (environ 11 200 euros), mais cette flambée des prix ne reflète pas une demande accrue. Des tensions commerciales et des perturbations de l’offre sont les principaux moteurs de cette hausse inattendue.
Les acheteurs anticipent les potentielles nouvelles taxes douanières américaines en se procurant le métal avant leur application, ce qui a déséquilibré les flux commerciaux mondiaux et créé une pénurie artificielle. Cette situation est aggravée par la constitution de stocks, plutôt que par une consommation réelle des utilisateurs finaux.
Outre ces facteurs, l’offre de cuivre est également affectée par des difficultés d’extraction minière, une diminution de la concentration en minerai et un manque d’investissements sur plusieurs années, limitant la capacité des producteurs à répondre à une demande croissante. Le cuivre, souvent surnommé « Docteur Cuivre » en raison de sa sensibilité aux cycles économiques mondiaux, est également soumis aux spéculations des marchés à terme.
Les traders spéculatifs, à l’instar de ce qui se produit avec l’argent, profitent des tendances du marché. Cependant, cette hausse, largement liée à l’offre, pourrait s’inverser rapidement si les menaces tarifaires s’estompaient et que les échanges commerciaux se normalisaient, entraînant une liquidation des positions spéculatives et une chute des prix.
Par ailleurs, le yen japonais se rapproche de son plus bas niveau face au dollar américain depuis 1995. Une forte appréciation du yen observée en août 2024 s’est révélée éphémère, liée à un démantèlement partiel du « carry trade » du yen. Des sommes considérables, estimées à des dizaines de milliards de dollars, seraient ainsi investies dans des actifs américains, financées par des emprunts en yens japonais.
Le faible taux d’intérêt au Japon et la dépréciation du yen rendent cette stratégie particulièrement attractive pour les fonds spéculatifs et autres investisseurs institutionnels. Les particuliers et les entreprises japonaises, confrontés à des rendements faibles dans leur pays, sont également incités à investir à l’étranger pour profiter d’actifs plus rentables et de la faiblesse de leur monnaie.
La dépréciation du yen alimente donc le « carry trade », mais des rumeurs persistantes évoquent une possible intervention du gouvernement japonais pour soutenir sa monnaie. Le Japon étant fortement dépendant des importations d’énergie et de matières premières, un yen faible renchérit ces produits. Selon Bloomberg, cette situation a déjà contribué à la chute de deux Premiers ministres avant l’arrivée au pouvoir de Sanae Takaichi.
Compte tenu de ce contexte économique et politique, ainsi que des pressions exercées par les États-Unis, il est probable que le gouvernement japonais prenne des mesures pour renforcer le yen. Une remontée progressive de la monnaie aurait un impact limité sur les marchés financiers, mais une intervention soudaine, comme en août 2024, pourrait provoquer une forte volatilité. Il convient donc de rester vigilant à ce risque en 2026.
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