Publié le 2024-01-26 10:00:00. On pensait les fêtes de fin d’année synonymes de repos, mais pour beaucoup, elles se sont transformées en une succession de rhumes, maux de tête et fatigue intense. Ce phénomène, baptisé « maladie des loisirs », est désormais étudié par les scientifiques.
- Environ 72 % des salariés allemands déclarent ressentir occasionnellement de la fatigue ou de la maladie pendant leurs congés.
- Le stress chronique affaiblit le système immunitaire, tandis qu’une brusque décompression peut déclencher des symptômes.
- Maintenir une activité physique régulière, un sommeil suffisant et une alimentation équilibrée peut aider à prévenir ce phénomène.
Après les festivités de Noël et du Nouvel An, le retour à la routine se fait difficile pour de nombreuses personnes. Au lieu de profiter d’un repos bien mérité, beaucoup se retrouvent cloués au lit, victimes de rhumes, de maux de tête ou d’un épuisement général. Coïncidence ? Non, selon les scientifiques, qui parlent de « maladie des loisirs ».
« Vous attendiez avec impatience une pause et avez passé les dernières semaines de travail dans l’effervescence. Enfin, vous êtes prêt à vous détendre. Et puis, la fatigue s’installe, une irritation à la gorge apparaît et vous réalisez que vous tombez malade », explique Thea van de Mortel, professeure émérite de sciences infirmières à l’Université Griffith d’Australie.
Ce concept de « maladie récréative » a été identifié pour la première fois par des chercheurs néerlandais en 2002. Une étude menée auprès de 1 893 personnes a révélé qu’environ 3 % des participants étaient rarement malades pendant la semaine de travail, mais tombaient plus fréquemment malades le week-end ou pendant leurs vacances. Les symptômes les plus courants étaient les maux de tête, la fatigue, les rhumes, les douleurs musculaires et les nausées.
Ce que montrent les recherches actuelles
Des données récentes confirment que ce phénomène est loin d’être marginal. Une étude représentative menée en Allemagne en 2025 a révélé qu’environ 72 % des salariés avaient au moins occasionnellement l’impression de tomber malades ou d’être épuisés pendant leurs jours de congé ou leurs vacances. Près de 19 % ont même déclaré que cela se produisait systématiquement ou fréquemment.
« Les résultats indiquent que la disponibilité en dehors des heures de travail, les charges de travail élevées et le manque de repos et de relaxation sont des facteurs de risque évidents de symptômes de maladie pendant les jours de congé », souligne Stefanie André, professeure de gestion de la santé à l’Université internationale des sciences appliquées IU et experte en santé au travail.
Est-ce « juste une question de tête » ?
Les chercheurs soulignent que ce n’est pas simplement une question d’imagination ou d’une faible résistance immunitaire. L’explication réside dans la relation complexe entre le stress et le système immunitaire. Le stress chronique peut entraîner un niveau élevé et constant de cortisol, ce qui, à long terme, affaiblit les défenses immunitaires. Cependant, à court terme, le stress agit comme un stimulant : le cortisol, hormone du stress, possède des propriétés anti-inflammatoires, peut soulager la douleur et améliorer temporairement la résistance aux infections.
Le moment critique survient lorsque ce mécanisme s’effondre. Parallèlement, la psychologie joue un rôle important : pendant les périodes de stress, l’attention est focalisée sur les tâches et les obligations. Lorsque celles-ci disparaissent, le corps devient le centre d’attention, et les sensations désagréables qui étaient auparavant ignorées se manifestent soudainement comme des symptômes de maladie. C’est précisément cette transition entre la période stressante précédant Noël et les vacances plus calmes qui pourrait déclencher des symptômes chez de nombreuses personnes.
Autres facteurs de risque
D’autres facteurs pratiques entrent également en jeu. Pendant les vacances, les gens voyagent plus souvent et se retrouvent dans des espaces clos et bondés, comme les avions ou les trains, où ils sont plus exposés aux germes. Une consommation accrue d’alcool pendant les vacances peut également affaiblir le système immunitaire. De plus, les vacances sont souvent synonymes de coucher et de repas plus tardifs, ce qui perturbe le rythme biologique et soumet le corps à un stress supplémentaire.
Thea van de Mortel conseille de « rester actif, dormir suffisamment et adopter une alimentation saine et équilibrée, même lorsque l’on est occupé, afin de renforcer le système immunitaire ». Une étude finlandaise menée auprès de plus de 4 000 participants a démontré qu’une activité physique régulière et intense réduisait considérablement la susceptibilité aux maladies. La gestion du stress est également essentielle : les techniques de méditation, de pleine conscience et de relaxation se sont avérées efficaces pour réduire le stress. Enfin, pour les futurs voyages, il est recommandé de mettre à jour les vaccinations et de porter un masque dans les avions.
