La présence surprenante de Progresso Soup et de sa maison mère, General Mills, au salon CES 2026, et plus précisément au sein de l’espace collaboratif AgeTech organisé par AARP, illustre un intérêt croissant pour le rôle de l’alimentation dans le maintien d’une bonne santé, en particulier avec le vieillissement de la population.
Alors que les conférences dédiées à la santé et au bien-être, comme le #JPM2026 à San Francisco, attirent traditionnellement les professionnels du secteur, l’alimentation commence à occuper une place plus visible, même dans des événements comme le NRF 2026, le grand salon du commerce de détail qui s’est tenu à New York en janvier.
Les récentes études de consommation confirment cette tendance : près de 8 consommateurs américains sur 10 considèrent désormais la santé et la nutrition comme une priorité en 2026, et une proportion similaire associe une alimentation saine à la santé mentale. La protéine s’impose comme un élément central de cette nouvelle approche, avec 2 Américains sur 3 qui la considèrent comme un critère important lors de leurs achats.
Selon une étude du Food Institute, la viande reste la principale source de protéines pour la plupart des adultes américains, suivie des produits laitiers. Cependant, les consommateurs les plus soucieux de leur santé se tournent davantage vers le poisson, les fruits de mer, les noix, les graines et les compléments protéiques.
Le Conseil de l’industrie alimentaire a constaté que plus de la moitié des Américains ont expérimenté un régime alimentaire spécifique au cours de l’année écoulée (2024-2025), avec une forte demande pour les aliments riches en protéines. « Une bonne source de protéines » est d’ailleurs le premier critère pour définir un aliment sain, selon une étude de l’IFIC.
Au-delà des protéines, les consommateurs recherchent des produits fonctionnels, des solutions pour la gestion du poids et des options plus saines en général. « Les gens veulent manger pour se sentir mieux », explique Arlin Wasserman de Changing Tastes.
Cependant, l’abordabilité reste un facteur déterminant. Quatre consommateurs sur cinq citent le rapport qualité-prix comme l’influence principale dans leurs décisions d’achat, aux côtés des préoccupations liées à la santé et au bien-être.
Cette évolution du marché se traduit par des initiatives concrètes de la part des géants de la distribution. Walmart a relancé ses services de soins de santé avec Better Care Services, une plateforme numérique d’accès aux soins virtuels, et prévoit d’élargir son offre de recettes saines. Target, de son côté, augmentera de 30 % ses produits de bien-être, en mettant l’accent sur les aliments sains, les vêtements de sport et d’autres articles axés sur la santé.
Target a d’ailleurs annoncé une expansion de ses produits protéinés, notamment des options de bœuf nourri à l’herbe de ButcherBox, ainsi que des collations et des poudres enrichies en protéines de marques comme Bloom, David, FlavCity et Misfits. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte de croissance de l’adoption des médicaments GLP-1 pour la perte de poids, qui a entraîné une baisse des ventes de produits transformés et de boissons sucrées.
Les acteurs de l’industrie agroalimentaire, tels que Kroger, Conagra, Danone et Nestlé, s’adaptent également à cette nouvelle demande en développant des gammes de produits protéinés sous leurs marques propres.
À l’heure où les consommateurs prennent davantage en main leur santé, ils recherchent des options de soins personnels accessibles, efficaces et basées sur la valeur. L’alimentation, perçue comme un véritable médicament, jouera un rôle de plus en plus important dans cette démarche.