Home MondePourquoi une attaque américaine contre le Groenland signifierait la « fin » de l’OTAN – National

Pourquoi une attaque américaine contre le Groenland signifierait la « fin » de l’OTAN – National

by Clara Dubois

Les ambitions de Trump sur le Groenland sèment l’inquiétude au sein de l’OTAN

Washington – Les récentes déclarations du président américain Donald Trump concernant le Groenland suscitent de vives préoccupations quant à la stabilité de l’OTAN, l’alliance militaire transatlantique dont le Canada est un membre clé. Alors que les ministres des Affaires étrangères du Groenland et du Danemark se préparaient à rencontrer des responsables américains à la Maison Blanche hier, Trump a réitéré sur son réseau social, Truth Social, son désir de voir les États-Unis prendre le contrôle de l’île.

“L’OTAN deviendrait beaucoup plus forte et efficace avec le Groenland sous pavillon américain,” a-t-il écrit, ajoutant sans équivoque : “Rien de moins n’est acceptable.”

Le Groenland, territoire autonome du Royaume du Danemark, est un membre associé de l’OTAN, et l’idée d’une annexion par les États-Unis soulève des questions fondamentales sur la cohésion de l’alliance. Trump avait déjà laissé entendre la semaine dernière qu’il était prêt à employer tous les moyens pour atteindre cet objectif, affirmant qu’il agirait “de la manière la plus facile, ou de la manière la plus difficile.”

Ces menaces mettent à l’épreuve un principe fondamental de l’OTAN : l’article 5, qui stipule qu’une attaque contre un membre est considérée comme une attaque contre tous. Bien que cet article n’ait été invoqué qu’une seule fois, après les attentats du 11 septembre 2001, l’idée même d’une agression entre alliés est sans précédent.

“L’OTAN a traversé des périodes de tension par le passé, mais jamais elle n’a été confrontée à une véritable attaque interne,” explique Nicole Covey, chercheuse à l’Institut canadien des affaires mondiales. “Il existe une norme implicite selon laquelle les alliés ne s’attaquent pas les uns aux autres s’ils souhaitent maintenir une relation positive.”

Pour Gaëlle Rivard-Piché, directrice générale de l’Institut CDA, les conséquences d’une attaque américaine contre un membre de l’OTAN seraient catastrophiques. “Si les États-Unis attaquaient un allié, je pense que cela marquerait la fin de l’alliance. Je ne vois pas comment elle pourrait survivre à un tel événement,” avertit-elle, tout en reconnaissant qu’une invasion militaire reste peu probable.

L’avenir de l’OTAN, et par extension, la sécurité dans l’Arctique, semble donc suspendu aux prochaines actions de l’administration Trump. La rencontre à la Maison Blanche pourrait bien être déterminante pour l’avenir de cette alliance transatlantique vieille de 76 ans.

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