Publié le 15 novembre 2025 à 15h45. Le financement par emprunt s’impose comme une alternative majeure au capital-risque traditionnel en Afrique, dépassant pour la première fois les investissements en fonds propres. Cette tendance est portée par des méga-transactions, notamment dans les secteurs de l’énergie solaire et de la fintech.
- La dette à risque a dépassé les investissements en capital-risque en Afrique au cours des neuf premiers mois de 2025.
- 1,6 milliard de dollars (environ 1,5 milliard d’euros) ont été levés par les startups africaines via des prêts entre janvier et septembre 2025.
- L’Afrique de l’Est est à l’avant-garde de cette dynamique, suivie par l’Afrique australe en termes d’investissements en capital-risque.
Le financement par emprunt connaît une croissance fulgurante sur le continent africain. Entre le 1er janvier et le 30 septembre 2025, les startups ont levé 1,6 milliard de dollars (environ 1,5 milliard d’euros) sous forme de prêts, surpassant ainsi le milliard de dollars (environ 940 millions d’euros) collecté sur l’ensemble de l’année 2024, selon un rapport publié jeudi par l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque (AVCA). Ce montant est supérieur aux 1,4 milliard de dollars (environ 1,3 milliard d’euros) investis en fonds propres, répartis sur 362 transactions, un chiffre stable par rapport à la même période l’année précédente.
Cette augmentation significative est principalement due à six opérations d’envergure, totalisant 1,1 milliard de dollars (environ 1 milliard d’euros). Parmi celles-ci, on note une levée de fonds de 156 millions de dollars (environ 146 millions d’euros) par Sun King, une entreprise kényane spécialisée dans l’énergie solaire, et une garantie de 137 millions de dollars (environ 128 millions d’euros) obtenue par Wave, une fintech sénégalaise.
L’Afrique de l’Est se positionne comme le moteur de cette activité de financement par emprunt. Le Kenya représente à lui seul 22 % de l’ensemble des transactions de dette enregistrées au cours des trois premiers trimestres de 2025, soit le double de la part combinée de l’Égypte, du Ghana et du Nigeria, qui affichent chacun environ 11 %. La valeur médiane des transactions de dette s’élève à 7 millions de dollars (environ 6,6 millions d’euros), légèrement inférieure au record de 7,5 millions de dollars (environ 7,1 millions d’euros) établi en 2024. En parallèle, la taille médiane des transactions en capital-risque a atteint 3 millions de dollars (environ 2,8 millions d’euros), en hausse de 20 % par rapport à la même période en 2024. Ces chiffres témoignent d’un changement profond dans la région, où la dette évolue d’un simple instrument complémentaire à une source majeure de liquidités et de croissance pour les startups.
En termes d’investissements traditionnels en capital-risque, l’Afrique australe domine le continent, représentant 26 % de la valeur totale des transactions en fonds propres sur les neuf premiers mois de l’année. Cette performance est attribuée à un plus grand nombre de cycles de financement supérieurs à 20 millions de dollars (environ 18,8 millions d’euros).
L’Afrique du Nord arrive en deuxième position avec 23 % de la valeur totale des transactions, suivie par l’Afrique de l’Ouest avec 21 %, l’Afrique de l’Est avec 11 % et l’Afrique centrale avec seulement 1 %. Les entreprises opérant dans plusieurs sous-régions africaines ont capté les 18 % restants.
Sur le plan sectoriel, les services financiers attirent la plus grande part des investissements en capital-risque, avec 31 % du total. Les technologies de l’information suivent avec 20 %, tandis que l’industrie représente 13 %. Les biens de consommation de base et les services publics captent chacun 8 % des flux de capitaux propres.
Walid Kéfi
