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Près d’un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression, selon Santé Publique France

Près d'un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression, selon des données de 2024 citées par un psychiatre.

L'utilisation des réseaux sociaux à outrance est responsable de la dégradation de la santé mentale des adolescents

Près d’un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression, selon des données de 2024 citées par un psychiatre. Alors que l’Australie a interdit ces plateformes aux moins de 16 ans en décembre 2025, le débat gagne la France. Les experts pointent l’impact de l’incertitude des likes et de la pression sur l’image.

TikTok, Snapchat et Instagram occupent plusieurs heures par jour dans la vie des adolescents. Leur usage intensif pèse lourdement sur la santé mentale des jeunes, selon les observations de spécialistes.

Nicolas Hoertel alerte sur la hausse de la dépression chez les lycéens

Santé Publique France indique qu’en 2024, près d’un lycéen sur cinq affichait un risque important de dépression. Interrogé par Franceinfo, Nicolas Hoertel, psychiatre à l’hôpital Corentin Celton d’Issy-les-Moulineaux, professeur à l’Université-Paris-Cité et chercheur à l’Inserm, constate une nette dégradation du bien-être psychologique des jeunes lors de ses consultations. Sur deux décennies, le taux global de dépression chez les adolescents est passé d’environ 4 % à 10 %.

Cette vulnérabilité s’explique en partie par le développement cérébral. Les zones du cerveau liées au plaisir et à la récompense fonctionnent déjà activement chez l’adolescent, tandis que les zones de contrôle et de freinage de l’impulsivité mûrissent plus lentement, pour atteindre leur maturité autour de 25 ans.

Près d'un lycéen sur cinq présente un risque important de dépression, selon Santé Publique France
Photo : surexpositionecrans.fr

Le piège psychologique des likes et l’impact différencié sur les filles

Chaque like procure une petite décharge de récompense au cerveau, mais l’incertitude quant au nombre de réactions reçues entretient une dépendance semblable à celle des jeux de casino. Les réseaux sociaux exploitent ainsi le besoin d’approbation propre à cet âge. L’absence de retour sur une publication peut provoquer un sentiment de rejet susceptible d’altérer l’estime de soi.

De son côté, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) indique que plus d’un jeune sur dix en Europe éprouve des difficultés à maîtriser son temps de connexion. Les jeunes filles subissent une exposition plus forte. Davantage ciblées par des contenus axés sur l’apparence physique, elles affrontent une pression accrue des stérotypes et s’avèrent plus sujettes au harcèlement en ligne.

L’expérience d’interdiction en Australie face au débat français

L’Australie est devenue le premier pays au monde à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans en décembre 2025. Près de 4,7 millions de comptes ont été supprimés en l’espace d’un mois, bien que 58 % des 10-15 ans continuent de se connecter quotidiennement.

Un magazine télévisé diffusé le 19 octobre 2026 a abordé cette mesure lors d’un débat réunissant des envoyées spéciales de TV5MONDE, des parlementaires, des chercheurs et des créateurs de contenus, aux côtés de personnalités telles qu’Édouard Geffray, ministre français de l’Éducation nationale, qui a détaillé les restrictions d’usage du téléphone portable dans les établissements scolaires français.

Le panel d’intervenants de cette émission comprenait également Arturo Bejar, ancien ingénieur en sécurité chez Facebook et témoin au procès Meta aux États-Unis, ainsi que des représentants d’organisations comme European Digital Rights (EDRI) et divers auteurs et spécialistes des dérives numériques.

Pistes de prévention et accompagnement parental

Pour le professeur Nicolas Hoertel, une interdiction légale a le mérite de fixer une règle commune facilitant la position des parents, mais elle se heurte aux réalités pratiques observées en Australie. Il insiste plutôt sur un repérage précoce des signes de repli, l’isolement constituant un signal d’alerte lorsque le temps d’écran se substitue aux interactions réelles et aux loisirs.

Les spécialistes recommandent aux parents de préserver le sommeil en interdisant la présence du téléphone dans la chambre la nuit, de privilégier le dialogue à la confiscation et de montrer l’exemple en appliquant à soi-même les règles fixées au foyer.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.