Publié le 24 octobre 2025 à 23h02, mis à jour le 24 octobre 2025 à 23h10. La Côte d’Ivoire se prépare à une élection présidentielle sous haute tension, marquée par l’exclusion de plusieurs figures de l’opposition et des craintes de violences, alors que le président sortant Alassane Ouattara est largement favori.
Les autorités ivoiriennes ont déployé 44 000 membres des forces de sécurité à travers le pays en prévision des manifestations qui pourraient suivre le scrutin de samedi. Cette mesure intervient après l’incendie d’un bâtiment de la commission électorale indépendante et l’interdiction des rassemblements, témoignant d’un climat politique de plus en plus tendu.
L’opposition et la société civile dénoncent des restrictions et un climat de peur. Malgré ces critiques et les contestations concernant un quatrième mandat, l’actuel président, Alassane Ouattara, 83 ans, s’est maintenu dans la course. Ses principaux rivaux, l’ancien président Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, ex-directeur de la banque suisse Crédit Suisse, ont été invalidés comme candidats.
Quatre candidats issus de l’opposition sont en lice, mais aucun ne représente un parti établi. Ces dernières semaines, des milliers de personnes ont manifesté contre l’exclusion des opposants jugés les plus crédibles. Ces protestations ont été émaillées de violences, faisant quatre morts et entraînant l’arrestation de centaines de personnes.
La Côte d’Ivoire, deuxième économie d’Afrique de l’Ouest après le Nigeria, est un partenaire important de l’Europe et des États-Unis dans une région géopolitiquement stratégique. La montée en puissance de la Russie et la menace des groupes terroristes islamistes ajoutent à la complexité de la situation. Avec une population où 80 % ont moins de 40 ans, le chômage des jeunes, la corruption et l’accès à l’économie et à la politique sont au cœur des préoccupations.
Le pays a connu des périodes de troubles post-électoraux sanglantes. En 2010, l’élection présidentielle opposant Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara a plongé la Côte d’Ivoire dans une guerre civile qui a fait au moins 3 000 morts. Les élections de 2020 ont également été marquées par des affrontements, des répressions et des actes de violence, faisant officiellement 85 morts, un bilan que l’opposition chiffre à plus de 200.
