Publié le 24 septembre 2025. Une nouvelle méthode de production à grande échelle de cellules immunitaires modifiées, les cellules CAR-NK, issues du sang du cordon ombilical, pourrait révolutionner l’immunothérapie contre le cancer en rendant ces traitements plus accessibles et efficaces.
- Des chercheurs ont mis au point une technique en trois étapes permettant de générer entre 14 et 83 millions de cellules iNK matures et entre 7 et 32 millions de cellules CAR-iNK à partir d’une seule unité de sang de cordon ombilical.
- Ces cellules présentent une activité antitumorale significative contre diverses lignées de cellules cancéreuses humaines et un potentiel de prolongation de la survie dans des modèles animaux.
- La méthode est plus économique que les techniques conventionnelles, ouvrant la voie à une démocratisation de l’accès aux thérapies cellulaires avancées.
L’immunothérapie, qui consiste à stimuler le système immunitaire pour combattre le cancer, connaît des avancées considérables. Parmi les approches les plus prometteuses figurent les thérapies cellulaires CAR-T, mais elles présentent des défis en termes de coût et d’effets secondaires. Les cellules tueuses naturelles (NK) modifiées par un récepteur d’antigène chimérique (CAR), ou cellules CAR-NK, représentent une alternative intéressante. Elles offrent l’avantage potentiel d’une meilleure sécurité et d’une production plus facile. Cependant, obtenir des quantités suffisantes de ces cellules pour un traitement efficace restait un obstacle majeur.
Une équipe de recherche a récemment publié une étude dans la revue Nature Biomedical Engineering (https://doi.org/10.1038/s41551-025-01522-5) détaillant une nouvelle stratégie pour surmonter cet obstacle. Leur approche repose sur l’utilisation de cellules souches et progénitrices hématopoïétiques (HSPC) CD34+, prélevées sur du sang de cordon ombilical humain. Ces cellules, dotées d’un fort potentiel de multiplication, sont soumises à un protocole en trois étapes qui permet de les transformer en cellules iNK (cellules NK induites) et en cellules CAR-iNK (cellules iNK modifiées par un récepteur CAR).
Le protocole développé permet de produire des quantités impressionnantes de cellules : entre 14 et 83 millions de cellules iNK matures et entre 7 et 32 millions de cellules CAR-iNK par unité de sang de cordon ombilical. Ces cellules expriment de manière significative les marqueurs CD16, essentiels à leur fonction cytotoxique, et le récepteur CAR, qui leur permet de cibler spécifiquement les cellules cancéreuses. Un point crucial est l’absence de contamination par des lymphocytes T, ce qui réduit le risque de réactions immunitaires indésirables.
Les tests in vitro et in vivo ont démontré l’efficacité de ces cellules contre un large éventail de cancers. Les cellules iNK et CAR-iNK fraîchement récoltées et cryoconservées ont montré une activité antitumorale notable. Des études précliniques sur des modèles animaux porteurs de tumeurs suggèrent également un potentiel de prolongation de la survie.
Au-delà de l’efficacité thérapeutique, cette nouvelle méthode présente un avantage économique significatif. La production à partir du sang de cordon ombilical, combinée à la simplicité du protocole, pourrait réduire considérablement le coût des thérapies CAR-NK, les rendant plus accessibles aux patients. Cette rentabilité est un facteur clé pour une adoption clinique plus large.
Les chercheurs soulignent que la transition de la recherche en laboratoire à l’application clinique nécessite encore des efforts pour optimiser la production et garantir la qualité des cellules. Cependant, cette avancée représente une étape importante dans le développement de thérapies cellulaires plus efficaces et abordables contre le cancer. Les essais cliniques sur les cellules CAR-NK sont en cours et devraient permettre de confirmer le potentiel de cette approche innovante.
À l’avenir, une meilleure compréhension des mécanismes biologiques sous-jacents aux fonctions de ces cellules permettra de concevoir des thérapies encore plus personnalisées, adaptées aux caractéristiques spécifiques de chaque patient et de son cancer. Cette perspective ouvre la voie à une nouvelle ère de médecine de précision dans le traitement du cancer.
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