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Progresser la collaboration internationale pour la science polaire

by Thomas Caron

Monaco a accueilli un symposium majeur dédié aux régions polaires, appelant à une coopération renforcée face à la fonte accélérée des glaces et à ses conséquences mondiales. L’événement, coorganisé par la Fondation Prince Albert II de Monaco, le Comité scientifique pour la recherche antarctique (SCAR) et le Comité international des sciences arctiques (IASC), a réuni des experts pour discuter des défis et des solutions liés à la préservation de ces écosystèmes cruciaux.

La discussion a mis en évidence l’urgence d’une approche globale et interdisciplinaire pour comprendre les changements en cours dans les régions polaires. Les participants ont notamment abordé l’élévation du niveau de la mer, la décongélation du pergélisol et l’impact sur les courants océaniques et les régimes de précipitations. Il a été rappelé qu’environ deux milliards de personnes dépendent de l’eau provenant des régions cryosphériques de haute altitude, soulignant l’importance de préserver ces ressources.

Lors d’une séance plénière, le professeur Chappellaz a échangé avec Antje Boetius, directrice de l’Institut Alfred Wegener, sur l’avenir des collaborations à long terme dans les régions polaires. Ils ont examiné les conclusions du One Planet Polar Summit et les perspectives en vue de la 5e Année polaire internationale. « L’avenir de la cryosphère est incertain, avec une perte de masse à un rythme imprévisible », a souligné le professeur Chappellaz.

Un des principaux points soulevés a été le manque d’un système de suivi global, robuste et accessible de la cryosphère. Les intervenants ont plaidé pour la création d’un cadre similaire à ceux mis en place par les Nations Unies pour le climat et la biodiversité, afin de mieux coordonner les efforts de recherche et de suivi.

L’importance d’intégrer les connaissances des populations autochtones vivant dans et de la cryosphère a également été soulignée. Les participants ont reconnu que ces communautés possèdent une expertise précieuse sur les changements environnementaux et peuvent contribuer de manière significative aux efforts de conservation.

Au-delà des discussions entre experts, le symposium a également mis l’accent sur la sensibilisation des jeunes générations. Le professeur Chappellaz et Anne-Catherine Ohlmann ont participé à une session destinée à plus de 200 lycéens monégasques, dans le cadre de l’événement Students on Ice Alumni, soutenu par la Fondation Prince Albert II. Cette session a notamment présenté le travail de la Fondation Ice Memory, qui œuvre à la préservation de carottes de glace provenant de glaciers menacés pour les générations futures de scientifiques.

Le symposium s’est conclu sur des engagements renouvelés de la part d’institutions telles que le SCAR, l’IASC, le European Polar Board, ainsi que de partenaires philanthropiques comme la Fondation Albédo pour la Cryosphère et la Fondation Tara Océan. L’avenir de la recherche polaire sera également marqué par la future campagne InSync (International Science and Infrastructure for Synchronous Observation) en Antarctique (2027–2030), dans laquelle le Swiss Polar Institute jouera un rôle central, en favorisant des observations synchrones de la glace, de l’océan et de l’atmosphère.

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