Publié le 9 novembre 2025 à 21h30. Le parti indépendantiste catalan Junts soupçonne le PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol) de préparer un double scrutin, régional en Catalogne et national en Espagne, dès le premier trimestre 2026, dans une manœuvre perçue comme une tentative d’affaiblir la position de son leader, Carles Puigdemont.
- Junts craint une avancée électorale conjointe en Catalogne et en Espagne, potentiellement couplée aux élections régionales andalouses de mi-2026.
- Cette stratégie serait motivée par la volonté du PSOE d’optimiser ses résultats, notamment en capitalisant sur les succès de Salvador Illa en Catalogne et en contrant la crise politique en Andalousie.
- Junts accuse également le gouvernement Sánchez de vouloir « désactiver » Puigdemont en retardant une décision du Tribunal Constitutionnel sur l’application de l’amnistie à son encontre.
La rupture récente de l’accord entre Junts et le PSOE, matérialisée par le dépôt d’amendements bloquant les lois du gouvernement, serait directement liée à ces craintes, selon des sources au sein du parti indépendantiste. Junts redoute que cette manœuvre électorale ne compromette ses chances de succès aux prochaines élections régionales catalanes, où l’alliance Aliança Catalana, menée par Sílvia Orriols, prend de l’ampleur.
Le PSOE, dirigé par Pedro Sánchez, et le parti catalan de Salvador Illa pourraient être tentés d’organiser des élections simultanées en Catalogne et dans le reste de l’Espagne, une situation inédite depuis la Transition démocratique. Junts estime que cette coïncidence électorale pourrait bénéficier aux socialistes en incitant les électeurs à voter pour le même parti aux scrutins régional et national. Les résultats prometteurs obtenus par Illa en Catalogne l’année dernière renforcent cette hypothèse, car un appel anticipé pourrait inciter les électeurs à se rallier au scrutin socialiste dans les deux cas.
La situation budgétaire de la Generalitat catalane, dirigée par Illa, est comparable à celle du gouvernement central. N’ayant pas réussi à adopter son budget, Illa continue de gouverner avec celui de son prédécesseur, Pere Aragonès, datant de 2024. Cette instabilité pourrait servir de prétexte à une avancée électorale.
Parallèlement, le PSOE pourrait chercher à exploiter la crise politique en Andalousie, où la majorité absolue de Juanma Moreno est fragilisée par des controverses. En organisant des élections régionales andalouses en même temps que les scrutins catalan et national, le PSOE espère attirer des voix pour María Jesús Montero, dont la candidature n’a pas encore décollé, et par extension, pour Pedro Sánchez.
Au-delà des considérations politiques, Junts craint que le PSOE ne cherche à écarter Carles Puigdemont de la scène politique catalane. En attendant la décision du Tribunal Constitutionnel sur l’amnistie, le parti indépendantiste soupçonne le gouvernement de faire pression sur la justice pour retarder cette décision et empêcher Puigdemont de se présenter aux élections régionales. La présence de Puigdemont comme candidat est considérée comme un facteur clé pour le résultat électoral de Junts.
La crainte d’une avancée électorale commune a précipité la rupture de l’accord avec le PSOE et exacerbé l’opposition de Junts au gouvernement de coalition de Sánchez. Pour Puigdemont, obtenir un bon résultat aux prochaines élections régionales, avec une Aliança Catalana en pleine ascension, est essentiel pour préserver le projet politique qu’il a fondé il y a quelques années. Le refus du parti de Sílvia Orriols de participer aux élections générales profiterait également aux post-convergents dans leur représentation au Congrès.
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