Publié le 21 octobre 2025 à 14h58. Alors que Catherine Connolly semble prendre une avance décisive dans la course à la présidence irlandaise, le passé de l’eurodéputée et ses anciennes alliances avec des figures controversées refont surface, soulevant des questions sur son jugement politique.
- Catherine Connolly a participé à une réunion décisive avec Mick Wallace et Clare Daly en 2019 pour déterminer s’ils se présenteraient aux élections européennes.
- Cette rencontre s’est déroulée sur l’île de Cape Clear, dans le comté de Cork, juste avant la date limite de dépôt des candidatures.
- Des opinions tranchées exprimées par Connolly et ses anciens alliés sur l’Union européenne, la Syrie et d’autres questions internationales sont désormais scrutées à la loupe.
En pleine campagne présidentielle, le nom de Catherine Connolly revient avec insistance dans les sondages, lui conférant une position de favorite. Cependant, son parcours politique et les compagnons de route qui l’ont accompagnée par le passé sont de nouveau examinés. En avril 2019, alors que la date limite pour se présenter aux élections européennes approchait, Connolly s’est réunie avec les députés Mick Wallace et Clare Daly sur l’île isolée de Cape Clear, au large de la côte ouest du comté de Cork. Cette rencontre, qui s’est déroulée dans des conditions météorologiques difficiles, a été le théâtre de discussions cruciales sur leur éventuelle candidature.
Outre Catherine Connolly, d’autres membres de l’alliance Independents 4 Change étaient présents, notamment Thomas Pringle, alors député du Donegal, et Maureen O’Sullivan, députée de Dublin. La décision de se présenter ou non a été prise dans l’urgence, avec la crainte que les perturbations maritimes n’empêchent Wallace et Daly de revenir à temps pour enregistrer leur candidature.
Aujourd’hui, alors que Wallace et Daly ont connu des difficultés liées à leurs positions radicales, Connolly semble seule à maintenir son élan politique. Les derniers sondages lui accordent une avance confortable dans la course pour succéder à Michael D. Higgins à la présidence irlandaise. Néanmoins, l’héritage de ses anciens alliés continue de susciter des interrogations, notamment en raison de ses récentes apparitions aux côtés de Thomas Pringle lors de sa campagne dans le Donegal.
Comme Wallace et Daly, Pringle a exprimé des opinions controversées par le passé. En avril 2016, il a déclaré au Dáil Éireann (la chambre basse du Parlement irlandais) qu’il soutenait le Brexit et espérait qu’il conduirait à la fin de l’Union européenne.
« Même si je ne suis pas d’accord avec les raisons pour lesquelles les Britanniques ont décidé de voter… j’espère qu’ils voteront en faveur du départ. »
Thomas Pringle, député du Donegal (2016)
Connolly était présente lors de cette déclaration et a ajouté :
« Je suis d’accord avec le député Pringle sur le fait que nous devrions laisser l’État souverain d’Angleterre prendre sa propre décision. »
Catherine Connolly, députée
Elle a ensuite évoqué la situation des réfugiés syriens.
Les prises de position de Pringle sur l’UE et le Brexit n’ont pas été abordées lors de la campagne actuelle. Connolly a souvent eu du mal à clarifier sa position sur l’Union européenne, bien qu’elle se présente comme pro-européenne. Elle a pourtant voté contre les traités de Lisbonne, de Nice et budgétaire.
Lors d’une interview accordée à Virgin Media après le vote sur le Brexit en 2016, Connolly a qualifié la décision de quitter le bloc de « première étape pour dénoncer l’UE », ajoutant :
« Je pense qu’elle [l’UE] est à nouveau exposée maintenant, et je pense que nous pouvons saisir cette opportunité et ne pas laisser la droite avoir le récit ou raconter l’histoire. Comment peut-on dire que l’UE est bonne telle qu’elle est alors que nous avons un pays où nous devons obtenir la permission de construire des maisons pour nos citoyens ? »
Catherine Connolly, députée (2016)
Le voyage de Connolly, Wallace et Daly en Syrie en 2018, en pleine guerre civile et sous le régime de Bachar el-Assad, a également suscité des critiques. Connolly a défendu ce voyage comme une mission d’enquête, mais a dû reconnaître qu’elle ne l’avait pas financé elle-même, comme elle l’avait initialement affirmé, révélant que des fonds du Dáil avaient été utilisés. Elle n’a jamais répondu aux affirmations de Wallace concernant la Syrie.
En avril 2021, Wallace a fait écho à la ligne de propagande du Kremlin, niant que le régime d’Assad était responsable des attaques chimiques perpétrées en 2018 contre sa propre population. Il a déclaré lors d’une réunion de la commission de sécurité et de défense du Parlement européen :
« La soi-disant attaque chimique que les États-Unis, la France et le Royaume-Uni ont utilisée comme prétexte pour bombarder la Syrie a très probablement été organisée avec l’aide d’une entité de propagande anglo-américaine. »
Mick Wallace, député européen (2021)
Wallace et Daly ont été critiqués par leurs collègues pour avoir diffusé « de la propagande et de fausses nouvelles », des accusations qu’ils ont ignorées. En mars 2020, Daly a déclaré au Parlement européen :
« En écoutant la russophobie implacable dans cet endroit, pourquoi les gens sont-ils surpris que la Russie ne voie aucun intérêt à s’engager avec l’UE ? »
Clare Daly, députée européenne (2020)
En 2022, Wallace a affirmé :
« L’OTAN est un élément négatif et n’a rien de positif à offrir aux citoyens européens. L’OTAN n’a rien à voir avec la paix… »
Mick Wallace, député européen (2022)
En Chine, Wallace a été filmé faisant des éloges du pays et critiquant l’Occident, ce qui lui a valu le surnom de « Roi Lion d’or » auprès de ses fans chinois. Le soutien de Wallace et Daly à des groupes terroristes basés en Iran a également été critiqué. En décembre 2021, Wallace a retweeté un message de l’ambassade iranienne commémorant le deuxième anniversaire du « martyre » de Qassem Soleimani, un commandant des Gardiens de la révolution islamique, désigné comme organisation terroriste par l’UE et les États-Unis. Daly a ensuite retweeté un message de l’ambassade d’Iran en Croatie, saluant Soleimani et Abu Mahdi al-Muhandis comme des « héros anti-terroristes ».
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