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Quatre civils tués lors d’affrontements à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan

by Clara Dubois

Quatre civils ont perdu la vie dans un nouvel échange de tirs survenu cette nuit à la frontière entre le Pakistan et l’Afghanistan. Cet affrontement, qui relance les tensions déjà vives entre les deux pays, s’est produit malgré une trêve fragile conclue après des combats meurtriers en octobre dernier.

Selon Abdul Karim Jahad, le gouverneur du district de Spin Boldak, dans le sud de l’Afghanistan, l’incident a également fait quatre blessés. L’hôpital de Chaman, ville pakistanaise située de l’autre côté de la frontière, a indiqué avoir soigné trois personnes souffrant de blessures légères, toutes autorisées à rentrer chez elles après avoir reçu des soins.

Chaque camp accuse l’autre d’avoir déclenché les hostilités. Le porte-parole du gouvernement taliban, Zabihullah Mujahid, a déclaré sur la plateforme X : « Malheureusement, ce soir, la partie pakistanaise a commencé à attaquer l’Afghanistan dans le district de Spin Boldak, dans la province de Kandahar, et les forces de l’Émirat islamique ont été contraintes de réagir. »

Le Pakistan conteste cette version des faits. Mosharraf Zaidi, porte-parole du Premier ministre pakistanais, a affirmé sur X que « le régime taliban afghan a eu recours à des tirs non provoqués » le long de la frontière, ajoutant que « nos forces armées ont immédiatement riposté de manière appropriée et énergique. »

Des habitants de la région frontalière afghane ont rapporté à l’AFP que les tirs ont débuté vers 22h30 (18h00 GMT) et se sont poursuivis pendant environ deux heures. Ali Mohammed Haqmal, responsable du département de l’information de Kandahar, a précisé que les forces pakistanaises ont utilisé « de l’artillerie légère et lourde », et que des obus ont touché des habitations civiles.

Les relations entre l’Afghanistan et le Pakistan sont tendues depuis la prise de pouvoir par les talibans à Kaboul en 2021. Islamabad accuse les autorités afghanes d’abriter des groupes militants, notamment les talibans pakistanais (TTP), responsables d’attaques sur son territoire. Kaboul nie fermement ces accusations.

Les affrontements d’octobre dernier avaient déjà fait plus de 70 morts et des centaines de blessés. Un cessez-le-feu négocié par le Qatar et la Turquie avait mis fin aux combats, mais les négociations ultérieures, menées à Doha et Istanbul, n’ont pas permis de parvenir à un accord durable. La frontière entre les deux pays reste fermée.

Le mois dernier, Kaboul a accusé Islamabad de mener des frappes aériennes sur une zone frontalière, tuant 10 personnes, dont neuf enfants. Le Pakistan a démenti ces allégations. Le ministère pakistanais des Affaires étrangères avait averti le 28 novembre que, compte tenu de la multiplication des attaques sur son sol, « le cessez-le-feu est en danger ».

Malgré ces tensions, le Pakistan a annoncé cette semaine qu’il rouvrirait partiellement la frontière pour permettre le passage de l’aide humanitaire, notamment pour les agences des Nations Unies via le point de passage de Chaman. Mosharraf Zaidi a précisé que « les livraisons d’aide sont indépendantes » de la situation actuelle et que les récents affrontements n’auront « aucun impact sur cette décision ».

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