Publié le 18 décembre 2025 22:02:00. L’Amérique latine est de plus en plus touchée par la violence, avec quatre pays figurant parmi les dix plus dangereux au monde, selon un nouvel indice qui révèle une augmentation globale des conflits et des attaques contre les civils.
- Quatre pays d’Amérique latine – Mexique, Brésil, Équateur et Haïti – se classent parmi les dix nations les plus affectées par les conflits armés et les gangs.
- Plus de 240 000 personnes ont perdu la vie dans des événements violents à travers le monde entre décembre 2024 et novembre 2025.
- Haïti et l’Équateur connaissent une détérioration particulièrement rapide de leur situation sécuritaire.
L’Amérique latine est devenue un point chaud de la violence, comme le révèle le dernier Indice des conflits d’ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project), une organisation qui suit l’intensité et l’expansion de la violence politique à l’échelle mondiale. L’indice, basé sur l’analyse de plus de 204 605 événements de violence survenus entre le 1er décembre 2024 et le 28 novembre 2025, place quatre pays de la région parmi les dix plus dangereux de la planète.
Le Mexique, le Brésil, l’Équateur et Haïti figurent en mauvaise position, illustrant une tendance inquiétante à l’escalade de la violence dans ces pays. L’indice d’ACLED évalue quatre variables clés : la létalité, le risque pour les civils, la dispersion géographique de la violence et le nombre de groupes armés actifs, permettant ainsi une comparaison des conflits de nature différente à travers le monde.
Haïti et l’Équateur sont particulièrement préoccupants. Haïti s’est consolidé comme l’un des pays les plus meurtriers pour les civils, avec plus de 4 500 décès liés à la violence politique enregistrés au cours des douze derniers mois. Cette augmentation est attribuée au renforcement des bandes armées et à la multiplication des attaques directes contre la population. L’Équateur, quant à lui, a connu une détérioration significative, enregistrant plus de 1 000 décès supplémentaires dus à la violence politique par rapport à 2024. Plus de 50 groupes armés, dont près de 40 gangs, ont été impliqués dans des événements violents.
ACLED souligne que la violence des gangs et le crime organisé sont des facteurs majeurs expliquant la présence de l’Amérique latine en tête du classement. Cette situation contraste avec d’autres régions du monde où prédominent les guerres ou les conflits civils traditionnels. En Équateur, plus de la moitié des gangs recensés ont participé à plus de 2 500 attaques contre des civils, propulsant le pays à la sixième place mondiale. Haïti a progressé de la 11e à la 8e place au cours de la même période.
Au niveau mondial, les niveaux de violence sont restés stables, mais sans amélioration notable. Les guerres en Ukraine et en Palestine représentent plus de 40 % des événements violents enregistrés l’année dernière. Le rapport d’ACLED met en garde contre la fragmentation des conflits et la multiplication des attaques contre les civils, une tendance particulièrement marquée dans les pays comptant de multiples acteurs armés et un faible contrôle institutionnel.
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