Home SantéQue faire lorsque vos médicaments ISRS provoquent des problèmes sexuels – Focus Integrative Healthcare Integrative Psychiatry

Que faire lorsque vos médicaments ISRS provoquent des problèmes sexuels – Focus Integrative Healthcare Integrative Psychiatry

by Sophie Martin

La prise d’antidépresseurs de la famille des inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) est souvent associée à des troubles de la fonction sexuelle, un effet secondaire qui peut persister même après l’arrêt du traitement. Si ce problème est fréquent, des solutions existent pour atténuer ces effets indésirables et améliorer la qualité de vie.

Les ISRS, comme le Prozac, le Paxil, le Zoloft et le Celexa, sont largement prescrits pour traiter la dépression. Cependant, entre 30 et 70 % des personnes qui les prennent signalent des difficultés sexuelles, touchant différentes phases de la réponse sexuelle. Cela peut se traduire par une baisse de la libido, des problèmes d’excitation (difficulté à atteindre l’excitation chez les femmes ou dysfonction érectile chez les hommes), des troubles de l’orgasme (difficulté à l’atteindre ou éjaculation retardée) ou une diminution du bien-être après les rapports.

Ce dysfonctionnement sexuel lié aux ISRS est parfois appelé dysfonctionnement sexuel associé aux antidépresseurs, car il peut également être observé avec les inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSN). Bien que cet article se concentre sur les ISRS, de nombreuses informations s’appliquent également aux IRSN comme le Cymbalta et l’Effexor XR.

Un aspect préoccupant est que les troubles sexuels induits par les ISRS ne disparaissent pas toujours après l’arrêt du médicament. Le fabricant du Prozac (fluoxétine), Eli Lilly, a d’ailleurs mis à jour les informations relatives à son médicament pour indiquer que « des symptômes de dysfonctionnement sexuel peuvent persister après l’arrêt du traitement par la fluoxétine ».

Mais des pistes de recherche prometteuses existent. Comprendre comment les ISRS affectent la fonction sexuelle est une première étape. Au-delà de leur impact sur les hormones sexuelles, les ISRS agissent sur des neurotransmetteurs clés comme la dopamine, la sérotonine et la noradrénaline. En augmentant la disponibilité de la sérotonine, ils peuvent améliorer l’humeur, mais aussi avoir des effets négatifs sur le désir et l’excitation. Ils peuvent également inhiber la dopamine et la noradrénaline, et perturber la production d’oxyde nitrique, une substance essentielle à la circulation sanguine vers les organes génitaux.

Face à ces difficultés, plusieurs options thérapeutiques sont envisageables. La première consiste à changer de traitement antidépresseur, en essayant une autre classe de médicaments. Une autre approche est d’ajouter un médicament complémentaire au traitement initial. Par exemple, un médecin peut prescrire un modulateur de la sérotonine comme le Trintellix, ou associer un autre médicament comme le Buspar, le Welbutrin ou le Viagra pour contrer les effets secondaires des ISRS. Cependant, ces solutions peuvent également entraîner leurs propres effets indésirables.

En parallèle, certaines approches non médicamenteuses peuvent aider à atténuer les troubles sexuels liés aux ISRS. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC) peut être utile pour gérer les émotions négatives liées à ces difficultés et améliorer l’estime de soi. « Bien que la TCC à elle seule ne soit pas une solution complète, elle peut aider à gérer les sentiments négatifs qui peuvent avoir un impact important sur l’estime de soi et l’image de soi », expliquent les experts.

Des remèdes naturels pourraient également jouer un rôle. Des études suggèrent que le safran (Crocus sativus) pourrait améliorer les symptômes de la dysfonction sexuelle induite par les ISRS chez les femmes (problèmes d’excitation, de lubrification, douleur) et chez les hommes (dysfonction érectile). Il possède également des propriétés antidépressives, et serait aussi efficace que le Prozac pour traiter une dépression légère à modérée, selon certaines recherches.

La maca (Lepidium meyenii), une plante péruvienne, est également étudiée pour ses effets positifs sur la fonction sexuelle. Elle pourrait augmenter le nombre de spermatozoïdes et améliorer leur motilité chez les hommes, et augmenter la libido chez les hommes et les femmes souffrant de troubles liés aux ISRS et aux IRSN.

Il est toutefois important de souligner que la prise en charge optimale de la santé implique de rechercher et de traiter la cause profonde des problèmes de santé, plutôt que de simplement masquer les effets secondaires des médicaments.

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