Publié le 20 novembre 2025 à 14h30. Les États-Unis auraient présenté à l’Ukraine un plan de paix impliquant des concessions territoriales significatives et une réduction drastique de ses forces armées, une proposition qui reprend en grande partie les exigences formulées par la Russie. L’initiative, dont l’origine exacte reste floue, suscite des interrogations sur les objectifs américains et les perspectives d’une résolution du conflit.
- Washington proposerait à Kiev de reconnaître l’annexion de la Crimée et d’autres territoires occupés par la Russie.
- Le plan prévoit également une réduction de l’armée ukrainienne à 400 000 hommes et l’abandon des armes à longue portée.
- L’administration américaine n’a pas officiellement commenté ces informations, tandis que le Kremlin se montre pour l’heure silencieux.
Selon une source proche du dossier, citée par l’Agence France-Presse (AFP), les États-Unis ont soumis à l’Ukraine un projet de paix qui comprend des concessions majeures en faveur de la Russie. Ces propositions, qui incluent la reconnaissance de l’annexion de la Crimée par Moscou en 2014 et des gains territoriaux plus récents dans les régions de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson, vont à l’encontre des déclarations répétées de Kiev qui refuse toute cession de souveraineté.
L’armée russe occupe actuellement environ un cinquième du territoire ukrainien, une grande partie étant dévastée par plus de deux ans de combats. En 2022, le Kremlin a annexé les régions de Donetsk, Lougansk, Zaporijjia et Kherson, bien qu’il ne contrôle pas l’intégralité de ces territoires. Le président russe Vladimir Poutine a par le passé exigé le retrait complet des troupes ukrainiennes de Donetsk et Lougansk, proposant également de geler la ligne de front dans les régions du sud.
Le plan américain, selon la source de l’AFP, impliquerait également une réduction de l’armée ukrainienne à 400 000 soldats, soit une diminution de plus de moitié de ses effectifs actuels. L’Ukraine devrait également renoncer à ses armes à longue portée, une exigence déjà formulée par la Russie lors de négociations antérieures.
L’origine précise de ce plan reste incertaine. Le média américain Axios a rapporté qu’il aurait été élaboré par l’administration Trump en consultation secrète avec la Russie. La source de l’AFP a souligné qu’il n’était pas clair si cette information était exacte ou si elle émanait simplement de l’entourage de l’ancien président américain. Depuis son retour à la Maison Blanche, la position de Donald Trump sur la guerre en Ukraine a évolué, passant d’une attitude critique envers le président Zelensky à des appels à soutenir l’Ukraine dans sa reconquête territoriale et à imposer des sanctions à la Russie.
Pour l’heure, aucune réaction officielle n’a été émise par Kiev. Le Kremlin s’est refusé à tout commentaire. Kaja Kallas, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères, a toutefois insisté sur le fait que tout accord de paix devait être approuvé par l’Ukraine et par Bruxelles.
« Pour que tout plan fonctionne, il faut l’adhésion des Ukrainiens et des Européens. »
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères
Elle a également rappelé que la Russie était l’agresseur dans ce conflit et qu’aucune concession n’avait été demandée à Moscou.
« Nous devons comprendre que dans cette guerre, il y a un agresseur et une victime. Nous n’avons donc entendu parler d’aucune concession de la part de la Russie. »
Kaja Kallas, haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères
La source de l’AFP a également précisé qu’il n’était pas clair quelles concessions ou engagements la Russie serait prête à faire en retour.


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