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Une autre dérobade à la COP : The Jakarta Post

by Nicolas Lefèvre

Publié le 20 novembre 2025. Alors que l’Indonésie subit de plein fouet les conséquences du réchauffement climatique, les espoirs se tournent vers la COP30 au Brésil, mais la délégation indonésienne semble privilégier des solutions contestées au détriment d’une action climatique ambitieuse.

  • La délégation indonésienne à la COP30 promeut activement le commerce du carbone, une approche critiquée pour son manque d’équité envers les communautés locales.
  • La nouvelle contribution déterminée au niveau national (CDN) de l’Indonésie prévoit une augmentation des émissions de gaz à effet de serre jusqu’en 2035, notamment en raison de sa dépendance aux combustibles fossiles.
  • La présence de lobbyistes de l’industrie des combustibles fossiles au sein de la délégation indonésienne soulève des questions sur l’engagement réel du pays en faveur de la transition énergétique.

La COP30, qui se tient actuellement au Brésil, est censée être un moment clé pour renforcer l’action climatique mondiale. Or, pour l’Indonésie, un pays particulièrement vulnérable aux effets du changement climatique, la conférence révèle une approche décevante, axée sur des solutions jugées inefficaces par de nombreux experts et militants.

Lors de l’inauguration du pavillon indonésien, Hashim Djojohadikusumo, à la tête de la délégation et magnat des secteurs minier et agroalimentaire, a présenté une vision ambitieuse : faire de l’Indonésie un pôle mondial pour un marché du carbone « de haute intégrité ». Il a également annoncé un objectif de revenus de 7,7 milliards de dollars (environ 6,3 milliards d’euros) grâce au commerce des crédits carbone.

Si les mécanismes d’échange de droits d’émission peuvent, en théorie, contribuer à la protection des forêts en incitant à la préservation des zones d’absorption du carbone, ils sont souvent critiqués pour leur impact sur les communautés autochtones. Ces dernières, qui jouent un rôle essentiel dans la conservation de l’environnement, sont rarement rémunérées équitablement pour leur travail et peuvent se retrouver en conflit avec des projets de forêts à carbone qui empiètent sur leurs terres.

Cette promotion du commerce du carbone par Hashim Djojohadikusumo, frère du candidat à la présidence Prabowo Subianto, illustre une tendance inquiétante : la priorité accordée aux profits à court terme au détriment d’une résolution durable de la crise climatique, exacerbée par les émissions liées aux combustibles fossiles et la déforestation pour des projets jugés « stratégiques ».

Cette attitude n’est pas nouvelle. L’Indonésie a déjà fait preuve d’un manque d’ambition en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre dans sa dernière CDN, soumise à l’ONU après de nombreux retards. Ce document prévoit même une augmentation des émissions jusqu’en 2035, le secteur de l’énergie étant désigné comme le principal contributeur, en raison de la poursuite de la dépendance aux combustibles fossiles, notamment au charbon.

La présence de dizaines de lobbyistes de l’industrie des combustibles fossiles au sein de la délégation indonésienne à la COP30 confirme cette orientation. Un tel manque d’engagement climatique place l’Indonésie sur la voie de l’échec à atteindre l’objectif fixé par le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, de limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré Celsius. Dépasser ce seuil aurait des conséquences désastreuses, notamment pour l’Indonésie, avec la perte potentielle de millions de vies et des coûts considérables pour faire face aux dommages liés au climat.

Si la COP30 est critiquée pour être détournée par les industries fossiles et les pays riches réticents à s’engager pleinement, l’Indonésie ne doit pas suivre cette voie. Ce sommet doit être l’occasion pour le pays d’assumer ses responsabilités morales et de défendre les intérêts des pays du Sud, en exigeant une aide financière et un soutien accru des pays développés pour les efforts d’atténuation et d’adaptation.

Le gouvernement indonésien ne doit pas oublier les populations les plus vulnérables, telles que les pêcheurs et les communautés autochtones, qui sont les premières victimes du réchauffement climatique. Toute proposition d’action climatique doit les placer au centre des préoccupations. L’argent est essentiel pour financer l’atténuation et l’adaptation, mais un plan climatique ambitieux, visant à éliminer progressivement les combustibles fossiles et à développer les énergies renouvelables, est tout aussi crucial. Vendre de fausses solutions ne procurera que des gains temporaires et ne protégera pas les populations face aux inondations, aux maladies et aux autres conséquences du changement climatique.

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