Home SantéQuelques milliers de pas par jour peuvent réduire considérablement le risque de maladie d’Alzheimer

Quelques milliers de pas par jour peuvent réduire considérablement le risque de maladie d’Alzheimer

by Sophie Martin

Publié le 9 novembre 2025 à 13h12. Une étude de Harvard révèle que marcher entre 3 000 et 5 000 pas par jour pourrait significativement réduire le risque de développer la maladie d’Alzheimer, même chez les personnes présentant déjà des signes biologiques précoces de la maladie.

  • Quelques milliers de pas quotidiens suffisent à ralentir le déclin mental.
  • L’activité physique agit sur la progression de la maladie en ralentissant l’accumulation d’une protéine clé, la protéine tau.
  • L’étude souligne que l’exercice n’est pas une solution miracle, mais un facteur modifiable important dans la prévention de la maladie d’Alzheimer.

De nombreuses personnes effectuent entre 4 000 et 6 000 pas quotidiennement, sans réaliser qu’elles contribuent ainsi à protéger leur cerveau. C’est précisément ce niveau d’activité physique qui semble constituer un seuil au-delà duquel l’exercice peut avoir un effet mesurable contre la maladie d’Alzheimer, selon les conclusions d’une récente étude menée par l’École de médecine de Harvard.

Les chercheurs ont suivi pendant plusieurs années environ 1 200 personnes âgées de 50 à 90 ans, toutes en bonne santé cognitive, mais présentant déjà des signes biologiques précoces de la maladie d’Alzheimer : des dépôts amyloïdes dans le cerveau. Ces dépôts sont considérés comme des précurseurs de la maladie, apparaissant bien avant les premiers troubles de la mémoire ou de l’orientation.

Le mouvement au service du cerveau

L’étude, publiée dans la revue spécialisée Nature Medicine (https://www.nature.com/articles/s41591-025-03955-6), démontre que marcher entre 3 000 et 5 000 pas par jour peut considérablement ralentir le déclin mental. Au-delà de 7 500 pas, l’effet semble se stabiliser : une activité physique plus intense n’apporte pas de bénéfice supplémentaire, mais ne nuit pas non plus.

Les participants les plus actifs ont obtenu de meilleurs résultats aux tests de mémoire et d’évaluation des fonctions cognitives dans la vie quotidienne. Au fil des années, les différences se sont accentuées : alors que les participants inactifs ont subi des pertes cognitives mesurables, les personnes actives sont restées mentalement stables.

Il est important de noter que la quantité de dépôts amyloïdes est restée globalement la même chez tous les participants. En revanche, un autre élément s’est avéré crucial : la protéine tau, responsable de la destruction des cellules nerveuses aux stades avancés de la maladie, s’accumule beaucoup plus lentement chez les personnes actives. Des examens par TEP (tomographie par émission de positons) ont révélé un ralentissement des changements dans les régions du cerveau responsables de la mémoire et de l’orientation.

En d’autres termes, l’exercice ne traite pas les symptômes de la maladie, mais agit directement sur son évolution biologique.

De petits pas, un grand impact

Les chercheurs de Harvard insistent sur le fait que des marathons ne sont pas nécessaires. Une marche régulière et modérée – se rendre au travail à pied, monter les escaliers, jardiner – suffit. L’important est la régularité.

L’activité physique améliore le flux sanguin vers le cerveau, réduit l’inflammation et stimule la production d’énergie dans les cellules nerveuses. Tous ces éléments contribuent à maintenir le cerveau « flexible » plus longtemps, c’est-à-dire capable d’apprendre et de s’adapter, même avec l’âge.

Vers de nouvelles stratégies de prévention

Il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne prouve pas de lien de causalité direct. Cependant, les données sont solides et enrichissent la compréhension de la maladie d’Alzheimer : celle-ci n’est pas uniquement déterminée par des facteurs génétiques, mais peut être influencée par le mode de vie.

De futures recherches devraient permettre de déterminer quels types d’exercices – danse, randonnée, natation – sont les plus efficaces. Une chose est certaine : l’exercice est l’une des rares stratégies de prévention qui ne présente aucun effet secondaire et qui améliore en même temps la qualité de vie.

Une prescription sans ordonnance

Il est peu probable que nous puissions prévenir complètement la maladie d’Alzheimer. Mais la possibilité de ralentir sa progression – grâce à une activité aussi simple que la marche – change notre regard sur le vieillissement. C’est une méthode discrète, mais efficace : pas à pas, contre l’oubli.

Références

Yau, WYW et al. Physical activity as a modifiable risk factor in preclinical Alzheimer’s disease. Nature Medicine (2025)

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