Publié le 17 octobre 2025 à 03h02. Le fragile cessez-le-feu entre Israël et le Hamas est menacé par des affrontements internes à Gaza, où le clan Doghmush, une force armée locale influente, défie l’autorité du mouvement islamiste et ravive les tensions pour le contrôle du territoire.
- Au moins 27 personnes ont été tuées dans les affrontements entre le Hamas et des groupes armés rivaux, dont le clan Doghmush.
- Le Hamas a procédé à des exécutions publiques de personnes accusées de collaborer avec des milices rivales.
- Le clan Doghmush, disposant de centaines de membres et contrôlant des réseaux de contrebande, représente un obstacle majeur à l’hégémonie du Hamas à Gaza.
L’accalmie fragile qui régnait à Gaza depuis la signature d’un cessez-le-feu avec Israël est désormais compromise par une escalade de violence interne. Des affrontements violents ont éclaté cette semaine entre les forces du Hamas et des groupes armés rivaux, notamment le puissant clan Doghmush, dans différentes régions de l’enclave palestinienne. Selon le ministère de l’Intérieur de Gaza, ces combats ont fait au moins 27 morts, dont huit membres du Hamas, ravivant le conflit latent pour le contrôle du territoire.
Le clan Doghmush, l’une des familles les plus influentes et les mieux armées de Gaza, est connu pour son autonomie politique et ses alliances fluctuantes. Bien que certains de ses membres aient occasionnellement collaboré avec le Hamas, le groupe maintient une position indépendante et s’oppose fréquemment aux dirigeants islamistes. Il compterait des centaines de membres et exerce une présence active dans plusieurs villes de la bande de Gaza.
Cette rivalité remonte à près de deux décennies. En 2006, Mumtaz Doghmush, un leader du clan, a créé « l’Armée de l’Islam », une milice qui a déclaré son allégeance à l’État islamique et s’est fait connaître pour sa participation, aux côtés du Hamas, à l’enlèvement du soldat israélien Gilad Shalit, finalement libéré lors d’un échange de prisonniers. Depuis lors, la famille Doghmush est devenue le symbole d’une résistance armée échappant au contrôle du Hamas, défiant son autorité politique et militaire.
Avec le retrait partiel des troupes israéliennes et la reprise du contrôle de zones précédemment occupées, le Hamas a déployé environ 7 000 combattants pour tenter de rétablir son autorité sur l’ensemble de Gaza. Le groupe craint que le vide sécuritaire ne profite à des clans comme Doghmush, accusés d’avoir volé des armes et des munitions dans les dépôts du Hamas pendant la guerre, et, selon des sources locales, d’avoir même reçu des approvisionnements d’Israël.
Les exécutions publiques menées par le Hamas ces derniers jours, et largement diffusées sur les réseaux sociaux, visent des personnes soupçonnées de collaborer avec ces milices rivales, accusées de « trahison » par le groupe islamiste. Malgré ces actions, le clan Doghmush continue d’agir comme une force parallèle, notamment dans le sud de Gaza, et représente un obstacle majeur à l’établissement d’une hégémonie incontestée du Hamas sur le territoire.
Le chef du clan, Mumtaz Doghmush, n’a pas été aperçu en public depuis des années. Son lieu de résidence actuel reste inconnu, mais son influence continue d’être citée par les autorités sécuritaires et les analystes régionaux comme un facteur de déstabilisation à Gaza.
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