Publié le 2026-01-01 17:42:00. L’ancien stratège de la Maison Blanche, Steve Bannon, ambitionne d’exporter son modèle populiste en Irlande, promettant un « Trump irlandais » et s’attelant à la création d’un parti nationaliste sur l’île. Cette initiative intervient dans un contexte de montée des tensions liées à l’immigration et d’influence croissante de groupes d’extrême droite.
- Steve Bannon s’est engagé à soutenir la formation d’un parti nationaliste irlandais.
- Il estime que l’Irlande est prête pour un mouvement de type « MAGA » (Make America Great Again).
- Son implication survient alors que des groupes d’extrême droite irlandais s’inspirent de violences anti-migrants et attirent l’attention internationale.
Steve Bannon, figure controversée de la politique américaine, a annoncé son intention de créer un parti nationaliste en Irlande, qualifiant cette initiative de « MAGA irlandais » et promettant un « Trump irlandais ». Cet ancien conseiller de Donald Trump, connu pour ses positions populistes et nationalistes, s’efforce de reproduire son modèle à l’étranger, en particulier en Europe.
L’histoire de Bannon est marquée par un parcours atypique. Après une carrière d’officier de marine américaine (1977-1983) et une brève expérience dans la finance chez Goldman Sachs, il s’est tourné vers l’industrie cinématographique, devenant producteur exécutif à Hollywood de 1991 à 2016. Il est ensuite cofondateur du site d’information d’extrême droite Breitbart News en 2007 et a brièvement occupé le poste de vice-président chez Cambridge Analytica, une entreprise impliquée dans des scandales de manipulation de données personnelles, notamment lors de la campagne du Brexit et de l’élection présidentielle américaine de 2016.
En 2016, Bannon a joué un rôle clé dans la campagne de Donald Trump, contribuant à renverser les sondages défavorables et à porter le candidat républicain à la Maison Blanche. Il a été nommé stratège en chef de la Maison Blanche, mais son influence a rapidement décliné en raison de désaccords avec Trump et son entourage, notamment sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner.
Après avoir quitté la Maison Blanche, Bannon a continué à promouvoir ses idées à travers le podcast War Room, populaire auprès des groupes d’extrême droite, et a multiplié les voyages en Europe pour soutenir les partis nationalistes. Il a également été impliqué dans des affaires judiciaires, notamment une accusation de conspiration et de fraude postale liée à une campagne de collecte de fonds pour le mur à la frontière américano-mexicaine, pour laquelle il a finalement été gracié par Trump. Plus récemment, il a été reconnu coupable d’outrage au Congrès pour avoir refusé de témoigner devant une commission d’enquête sur l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 et a été condamné à quatre mois de prison, peine qu’il a purgée de juillet à octobre 2024.
L’intérêt de Bannon pour l’Irlande s’inscrit dans une stratégie plus large visant à encourager les mouvements d’extrême droite en Europe. Il estime que l’Irlande, confrontée à une augmentation de l’immigration, est un terrain fertile pour son idéologie. Dans une interview accordée à Politico, il a déclaré : « Je passe beaucoup de temps dans les coulisses sur la situation irlandaise pour aider à former un parti national irlandais. » Il prévoit l’émergence d’un « MAGA irlandais » et d’un « Trump irlandais », convaincu que le pays est « au bord du gouffre » en raison de l’immigration massive.
Cette intervention de Bannon intervient dans un contexte de montée des tensions liées à l’immigration en Irlande et d’influence croissante de groupes d’extrême droite. Des personnalités américaines d’extrême droite, comme Tucker Carlson et Elon Musk, ont déjà diffusé des informations erronées sur l’immigration en Irlande. Un rapport du Projet mondial contre la haine et l’extrémisme (Gpahe), consulté par BreakingNews.ie, met en garde contre le fait que la violence anti-migrants en Irlande attire l’attention des groupes d’extrême droite internationaux, qui y voient une source d’inspiration. Le rapport souligne également que les groupes d’extrême droite irlandais, bien que petits et fragmentés, sont influencés par les théories du complot américaines, telles que le « Grand Remplacement ».
Bien que les partis d’extrême droite irlandais n’aient pas encore connu de succès électoral significatif, les autorités irlandaises s’inquiètent de l’influence croissante de ces groupes et de la possibilité d’une radicalisation accrue. La tentative de fusion de plusieurs partis d’extrême droite en une « Alliance nationale » a échoué, mais la menace reste présente.
