L’influence du prestige scientifique pourrait biaiser l’évaluation des travaux de recherche médicale, selon une étude récente. Des chercheurs ont démontré que la renommée d’un auteur peut influencer positivement la réception d’un article, soulevant des questions sur l’objectivité du processus d’évaluation par les pairs.
L’expérience, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences (PNAS), a consisté à soumettre trois versions d’un même article de recherche en finance à plus de 3 000 évaluateurs. Un article portait le nom d’un lauréat du prix Nobel, un autre celui d’un chercheur débutant, et le troisième était anonyme. Les résultats ont révélé que seulement 23 % des évaluateurs ont rejeté l’article lorsqu’il était associé au nom du lauréat du prix Nobel, contre un pourcentage significativement plus élevé pour les deux autres versions.
Cette disparité met en lumière une potentielle fragilité du système d’évaluation par les pairs, où la réputation d’un chercheur peut éclipser la qualité intrinsèque de son travail. Les critiques s’inquiètent depuis longtemps de la possibilité que des biais, conscients ou inconscients, empêchent les innovations les plus prometteuses d’atteindre le public professionnel.
L’étude suggère que l’anonymat des auteurs pourrait être une solution pour atténuer ces biais, mais sa mise en œuvre soulève des défis pratiques et éthiques. La question de l’objectivité dans l’évaluation des recherches médicales reste donc un enjeu crucial pour garantir l’avancement de la science et la qualité des soins.
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