Une alimentation majoritairement végétale, limitant drastiquement la consommation de viande rouge et de produits transformés, est confirmée comme le pilier d’une santé optimale et de la pérennité de la planète. Six ans après ses premières recommandations, la Commission EAT-Lancet a réaffirmé l’importance d’un régime alimentaire respectueux des limites environnementales, avec quelques ajustements basés sur les dernières données scientifiques.
Les conclusions de la Commission EAT-Lancet, composée de plus de 70 scientifiques issus de six continents, restent inchangées dans leur essence : privilégier une alimentation à base de plantes à hauteur d’au moins 80 % de l’apport énergétique quotidien. L’équipe d’experts a légèrement revu à la baisse les besoins caloriques quotidiens recommandés pour les adultes, passant de 2 500 à 2 400 kilocalories.
Ce régime, initialement publié en 2019, avait déjà marqué un tournant en intégrant les risques sanitaires liés au changement climatique dans l’équation alimentaire. « La durabilité est souvent perçue comme une protection de la planète. C’est exact : la durabilité garantit que nous, les humains, pouvons continuer à vivre sur cette planète. Une politique de santé responsable doit donc protéger la population non seulement des maladies, mais aussi des événements climatiques extrêmes comme les vagues de chaleur », explique Anna-Lena Klapp, responsable de la recherche et de la science chez ProVeg International.
En Allemagne, ces recommandations ont déjà une influence significative sur de nombreux secteurs. Des organismes gouvernementaux tels que le Centre fédéral de nutrition (BZfE), la Société allemande de nutrition (DGE) et l’Agence fédérale de l’environnement soutiennent activement le régime de santé planétaire. La DGE a d’ailleurs intégré ces principes dans ses propres recommandations nutritionnelles en 2024, et des enseignants de cinq Länder les appliquent déjà dans les écoles et les crèches.
L’impact se fait également sentir dans la restauration collective, avec des initiatives primées comme les cantines universitaires « Planétaire-Santé-Mensa ». Des établissements de soins, comme la Johannesstift Diakonie (80 sites dans six Länder), proposent désormais des menus conformes à ce régime. Par ailleurs, des enseignes de la grande distribution, dont Lidl, Aldi Süd et Rewe, fondent leurs stratégies de développement durable sur ces principes, tandis qu’Edeka en reconnaît l’importance.
« L’Allemagne se révèle être un terrain particulièrement fertile pour le régime de santé planétaire : une part importante de la population s’intéresse à une alimentation à base de plantes, et près de la moitié se décrit comme flexitarienne », souligne Anna-Lena Klapp. « L’Allemagne est donc de loin le plus grand marché européen pour les alternatives végétales, qui facilitent la transition vers une alimentation moins dépendante des produits d’origine animale. »
Depuis 2019, la consommation annuelle de viande par habitant en Allemagne a déjà diminué d’environ 5 kilogrammes, témoignant d’un changement progressif des habitudes alimentaires.
La Commission EAT-Lancet souligne que le « régime de santé planétaire 2.0 » repose sur une base scientifique encore plus solide, notamment face aux tentatives de certains acteurs de l’industrie de la viande et des produits laitiers de contester ses conclusions.
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