Des négociations intensives à Berlin ont ouvert une brèche dans l’impasse diplomatique concernant l’Ukraine, avec des propositions de garanties de sécurité inédites et un possible compromis sur l’adhésion à l’Union européenne. Malgré l’optimisme affiché, la question du territoire reste un obstacle majeur, Moscou réaffirmant son intransigeance.
Après deux jours de discussions avec l’envoyé spécial américain Steve Witkoff, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est dit publiquement optimiste, évoquant même la possibilité de négociations aux États-Unis dès ce week-end. Il a notamment proposé de renoncer à l’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN, une concession que l’administration Trump avait déjà remise en question.
Selon des responsables américains, Washington proposerait désormais à Kiev des garanties de sécurité similaires à l’article 5 de l’OTAN, la clause de défense collective. Une avancée qualifiée de « standard platine », bien que sa portée exacte en cas de violation de la paix par la Russie reste à définir.
Cependant, la Russie maintient une position ferme. Le vice-ministre russe des Affaires étrangères a réaffirmé mardi que Moscou ne ferait aucune concession concernant le Donbass, la Crimée ou la « Novorossiya », une expression désignant les territoires situés au nord de la mer Noire. Moscou attend également des précisions de Washington avant de se prononcer sur le plan de paix.
L’un des points centraux des négociations porte sur le territoire ukrainien. Zelensky a insisté sur le fait qu’il ne céderait aucune terre, une position constitutionnelle. Malgré cela, des responsables américains se disent « vraiment satisfaits des progrès réalisés, y compris sur les territoires », suggérant une possible marge de manœuvre.
Par ailleurs, les États-Unis envisagent que la Russie accepte l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, avec une date potentielle d’entrée fixée à janvier 2027. Si cette perspective est saluée par certains, elle est jugée « irréaliste » par des diplomates à Bruxelles. Kaja Kallas, chef de la diplomatie européenne, a toutefois estimé que l’adhésion de l’Ukraine constituerait une « garantie de sécurité majeure ».
Un autre aspect du plan de paix concerne la centrale nucléaire de Zaporizhzhia, actuellement contrôlée par la Russie. Les négociations portent sur un possible partage du pouvoir sur cette installation, bien que les modalités pratiques restent à déterminer.
« Nous ne pouvons pas aller plus loin », a reconnu Zelensky aux journalistes, soulignant la difficulté de trouver un compromis avec une Russie déterminée à obtenir ce qu’elle veut. L’avenir des négociations reste donc incertain, malgré l’optimisme prudent exprimé par les parties prenantes.
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