Publié le 2025-12-02 10:50:00. Entre accusations de propagande, pressions politiques et violences persistantes, le monde du football néerlandais et les médias sont secoués par des tensions croissantes, tandis que la situation humanitaire à Gaza suscite une vive polémique.
La liberté de la presse et l’intégrité du journalisme sportif sont au cœur des débats aux Pays-Bas. Giselle van Cann, rédactrice en chef de NOS, a dénoncé une attaque directe contre son organisation de la part de la ministre Mona Keijzer, qui accuse NOS d’être un canal de propagande du Hamas. Selon van Cann, ces accusations, tenues par une figure gouvernementale de premier plan, minent la confiance du public envers les médias.
« Il faut beaucoup de courage pour s’élever contre la violence. »
Paul Depla, groupe directeur Football et sécurité
Cette polémique intervient alors que la violence entourant les matchs de football reste un problème endémique. Le journaliste Sam van Raalte a évoqué, dans l’émission Eva (OBNL 1), une « relation mafieuse malsaine » dans le football argentin, suggérant une comparaison avec la situation néerlandaise, bien qu’il ait précisé que la situation y est moins grave. Néanmoins, la crainte des représailles empêche de nombreux acteurs de témoigner publiquement sur les violences, ce qui laisse planer des soupçons sur l’existence d’un véritable crime organisé.
L’affaire de la photo de Mohamed Zakariya Ayyoud al-Matouq, un enfant palestinien décédé de faim à Gaza, a exacerbé les tensions. Publiée mondialement fin juillet, cette image a marqué un tournant dans la perception de la crise humanitaire dans la bande de Gaza. Le gouvernement israélien a immédiatement contesté l’authenticité de la photo, affirmant que l’enfant souffrait de paralysie cérébrale et que son état de maigreur n’était pas représentatif de la situation générale. Naomi Mesrum, directrice du CIDI, a soutenu cette version dans l’émission Médialogique (NPO 2).
Cependant, cette explication a été largement contestée. Des organisations humanitaires ont reconnu l’existence d’une famine à Gaza, imputable au blocus israélien. Malgré cela, la photo a été qualifiée de controversée et a été retirée du site d’information NU.nl. Le chroniqueur Leon de Winter, dans De Telegraaf, a même accusé NOS et d’autres médias de diffuser une propagande “antisémite” susceptible d’inciter à des “pogroms”. Mona Keijzer a ensuite réitéré ses accusations contre NOS.
Parallèlement, des observateurs soulignent la prudence excessive des médias néerlandais dans leur couverture du conflit israélo-palestinien, par peur d’être accusés de partialité. Ils préfèrent souvent adopter une approche neutre, se contentant de rapporter les faits sans prendre position, ce qui, selon certains, équivaut à minimiser la gravité de la situation à Gaza.
