La grippe frappe durement les États-Unis, avec une activité virale particulièrement intense dans presque tous les États. Les experts sanitaires tirent la sonnette d’alarme face à une nouvelle souche, la sous-clade K, et exhortent la population à se faire vacciner sans tarder.
Selon les données publiées lundi par les Centers for Disease Control and Prevention (CDC) américains, les États-Unis connaissent actuellement leur plus forte vague de maladies respiratoires depuis au moins la saison grippale 1997-1998. Environ 8,2 % des consultations médicales concernaient des symptômes pseudo-grippaux lors de la dernière semaine de l’année, contre 6,7 % à la même période l’année précédente.
Seuls quatre États – le Montana et le Vermont affichant une faible activité, et le Dakota du Sud et la Virginie-Occidentale une activité modérée – ne signalent pas de niveaux d’activité grippale élevés ou très élevés. Le Nevada n’a pas communiqué de données cette semaine, mais avait déjà enregistré une activité élevée la semaine précédente.
« C’est incontestablement une année record », a déclaré le Dr Caitlin Rivers, épidémiologiste et chercheuse principale au Johns Hopkins Center for Health Security. « C’est le pire que nous ayons connu depuis au moins 20 ans. Nous constatons qu’une majorité du pays connaît des niveaux d’activité très élevés, et nous sommes encore au cœur de l’épidémie. »
Cette intensité est d’autant plus frappante qu’elle suit une saison grippale relativement calme l’année dernière, les mauvaises années ne se succédant généralement pas.
À ce stade, le nombre d’hospitalisations liées à la grippe n’est pas encore exceptionnel, mais il est le troisième plus élevé enregistré à cette période de l’année depuis 2010-2011. Les experts craignent toutefois que ce chiffre n’augmente avec la poursuite de la propagation du virus.
Les autorités sanitaires, comme celles du Massachusetts, appellent à une mobilisation générale. « C’est un moment de lucidité, d’urgence et d’action », a déclaré le Dr Robbie Goldstein, commissaire à la santé publique, dans un communiqué. « Ces virus sont graves, dangereux et potentiellement mortels. Nous voyons des enfants gravement malades, des familles endeuillées et des hôpitaux sous tension. Il existe un moyen simple, efficace et accessible de répondre à ces préoccupations : les vaccins. Ils peuvent prévenir les maladies graves et les hospitalisations, et ils sauvent des vies. Si vous ne vous êtes pas encore fait vacciner contre la grippe ou le COVID-19 cette saison, c’est le moment. Il n’est pas trop tard. Choisir la vaccination, c’est choisir de vous protéger, vous, votre famille, vos amis, vos collègues et votre communauté. »
Le Dr Michael Osterholm, qui dirige le Centre de recherche et de politique sur les maladies infectieuses à l’Université du Minnesota, insiste sur l’urgence : « Dans les 48 prochaines heures, si vous n’êtes pas vacciné, faites-vous vacciner. N’attendez pas. Vous pourrez peut-être encore vous protéger contre les dernières phases de l’épidémie saisonnière, mais il faut sept à dix jours pour développer une certaine immunité après la vaccination, vous n’avez donc pas beaucoup de temps. »
Les CDC estiment qu’au moins 11 millions de personnes ont contracté la grippe cette saison, 120 000 ont été hospitalisées et 5 000 sont décédées. L’agence a également enregistré un neuvième décès d’enfant lié à la grippe.
Les taux de vaccination contre la grippe sont en baisse, en particulier chez les enfants, passant d’un maximum de 53 % lors de la saison grippale 2019-2020 à 42 % actuellement. Les injections sont également moins nombreuses chez les adultes, passant de près de 61 millions en 2019-2020 à environ 48 millions cette année.
Les experts attribuent cette forte intensité à la propagation de la sous-clade K, une nouvelle souche de grippe qui semble contourner les défenses immunitaires existantes. Cette souche est suffisamment différente des virus auxquels la population a été exposée dans le passé.
Par ailleurs, le ministère américain de la Santé et des Services sociaux a annoncé un plan visant à modifier le calendrier de vaccination des enfants, en recommandant une consultation avec un professionnel de santé avant la vaccination. Cette mesure, appelée prise de décision clinique partagée, pourrait rendre les vaccins moins accessibles. Le Dr Sean O’Leary, président du comité des maladies infectieuses de l’American Academy of Pediatrics, a exprimé ses inquiétudes : « Retirer une recommandation sur la grippe au milieu d’une année grippale aussi grave me semble assez imprudent, surtout après une année où nous avons enregistré le plus grand nombre de décès d’enfants dus à la grippe depuis de nombreuses années. »
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