Publié le 8 décembre 2025 14h50. De plus en plus de salariés polonais pourraient voir leur impôt sur le revenu augmenter à la fin de l’année, en raison de l’absence d’indexation des tranches d’imposition et de la hausse des salaires. Un conseiller fiscal alerte sur une augmentation “cachée” des impôts qui toucherait particulièrement la classe moyenne.
- Une part croissante de contribuables, près de 2 millions en 2024, risque de basculer dans la deuxième tranche d’imposition (32 %).
- Le ministère des Finances maintient sa position et refuse d’augmenter les seuils fiscaux, estimant que cela n’affecterait pas significativement le revenu disponible des ménages.
- L’absence d’indexation des tranches d’imposition permettrait à l’État de percevoir près de 14 milliards de zlotys supplémentaires en 2026.
L’augmentation des revenus, combinée à des tranches d’imposition inchangées depuis 2022, pourrait entraîner une augmentation de l’impôt sur le revenu pour un nombre croissant de Polonais. Piotr Juszczyk, conseiller fiscal chez inFakt, souligne que cette situation constitue une augmentation d’impôts déguisée.
Selon les calculs de M. Juszczyk, un salaire brut de 13 000 zlotys (environ 3 000 euros) peut sembler confortable, surtout comparé au salaire moyen brut d’environ 8 700 zlotys (environ 2 000 euros). Cependant, l’ajout de primes trimestrielles, comme la « 13e retraite » versée aux fonctionnaires, pourrait propulser de nombreux contribuables dans la deuxième tranche d’imposition.
« Soudainement, le revenu net d’une personne dont le salaire moyen est de 13 000 zlotys est inférieur à celui d’une personne dont le salaire moyen est de 10 000 zlotys. »
Piotr Juszczyk, conseiller fiscal chez inFakt
Le ministère des Finances se défend en arguant que seuls 5,18 % des contribuables déclarent des revenus supérieurs à 120 000 zlotys (environ 28 000 euros) et sont donc soumis au taux de 32 %. Jarosław Szatański, directeur du Département des impôts sur le revenu, affirme que les données fiscales ne confirment pas un impact négatif du seuil de 120 000 zlotys sur le revenu disponible des ménages.
Cependant, Piotr Juszczyk conteste ces chiffres. Il souligne que le nombre de contribuables relevant de la deuxième tranche d’imposition a augmenté de 66 % entre 2023 et 2024, passant d’environ 1,2 million à près de 2 millions de personnes. Il prévoit que plus de 10 % des contribuables se situeront dans cette tranche en 2025 si la tendance se maintient.
L’absence d’indexation des seuils fiscaux est au cœur du débat. Une pétition adressée au ministère des Finances souligne que l’inflation cumulée de près de 29 % depuis 2022 a réduit la valeur réelle du seuil de 120 000 zlotys à environ 93 000 zlotys (environ 21 500 euros). Pour maintenir la valeur de 2021, le seuil devrait actuellement être de 154 356 zlotys (environ 35 700 euros).
Le ministère des Finances a chiffré les conséquences d’une augmentation du seuil à 140 000 zlotys (environ 32 400 euros). Selon Jurand Drop, vice-ministre des Finances, une telle mesure entraînerait une diminution des recettes de l’impôt sur le revenu de 9,7 milliards de zlotys (environ 2,2 milliards d’euros) en 2026, et de 15,6 milliards de zlotys (environ 3,6 milliards d’euros) en 2029. Fakt.pl
Le président Karol Nawrocki a proposé d’augmenter le deuxième seuil fiscal à 140 000 zlotys comme mesure préélectorale. Fakt.pl
Selon Piotr Juszczyk, l’absence d’indexation des tranches d’imposition constitue une augmentation d’impôts cachée qui affecte de plus en plus la classe moyenne. Il souligne que même un poste de spécialiste, et non seulement un poste de direction, peut désormais suffire à atteindre le seuil supérieur.
