L’écrivain et journaliste Mohamed Seddiq Maaninou a présenté, le vendredi 5 juin 2026 à la Galerie Bab Fès, son nouvel ouvrage intitulé « Salé vue par des étrangers ». Ce livre de 193 pages propose une relecture critique des récits coloniaux pour préserver la mémoire et l’identité de la ville auprès des jeunes générations.
Déconstruire le regard étranger sur Salé
L’ouvrage, rédigé en langue arabe, ne se contente pas de relater des faits historiques ; il s’attaque à la manière dont la ville a été perçue et documentée par des observateurs extérieurs durant l’époque coloniale. À travers « Salé vue par des étrangers », l’auteur propose une analyse rigoureuse des documents de l’époque pour en extraire les biais et les représentations déformées.
Cette démarche de déconstruction vise à identifier les idées forgées par les observateurs de l’époque, tout en mettant en lumière les formes de résistance culturelle qui ont marqué l’histoire de la cité. Pour Maaninou, il s’agit de transformer une lecture imposée en un outil de compréhension de l’identité locale.
Le travail de l’écrivain s’appuie sur une volonté de replacer chaque récit dans son contexte de rédaction. En décryptant ces représentations, il cherche à offrir aux lecteurs une vision plus authentique, loin des prismes coloniaux qui ont longtemps dominé les archives sur la région.
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Un festival Maqamat marqué par des anniversaires clés
La présentation de ce livre s’inscrit dans la deuxième phase de la 16e édition du festival « Maqamat ». Cet événement, qui mobilise plus de 400 acteurs culturels sur sept espaces différents, dépasse le simple cadre de la promotion littéraire pour devenir un véritable carrefour du patrimoine.

Cette édition revêt une importance particulière en raison de la convergence de plusieurs célébrations historiques. L’événement marque les 40 ans de l’ Association Bouregreg, ainsi que le centenaire du célèbre « Club littéraire slaoui », une institution pionnière pour les activités théâtrales et littéraires de la ville.
Le programme pluridisciplinaire du festival, qui comprend des conférences, des ateliers de formation et des spectacles, témoigne d’une volonté de dynamiser la scène culturelle locale à travers une approche qui mêle tradition et transmission active.
L’engagement envers la transmission et la recherche
Au-delà de la dimension intellectuelle, l’événement a été marqué par un geste concret en faveur de l’éducation et de la recherche. Mohamed Seddiq Maaninou a annoncé le don de près de deux cents ouvrages à la Galerie Bab Fès.

Ce don massif a pour objectif de constituer un noyau de bibliothèque culturelle. Cette ressource est spécifiquement destinée à soutenir le travail des chercheurs et des étudiants, leur offrant un accès facilité à des documents essentiels pour l’étude de l’histoire locale.
En investissant ainsi dans les infrastructures de savoir, l’auteur et les organisateurs du festival tentent de répondre à un défi majeur : assurer que la mémoire de Salé ne soit pas seulement étudiée, mais qu’elle soit comprise et habitée par les générations futures.
Cette initiative souligne l’importance de la présence physique des livres et des archives dans l’espace public pour favoriser un engagement citoyen et culturel durable.
