Home MondeSamia Suluhu : Le président tanzanien remporte les élections pour un nouveau mandat au milieu de manifestations qui ont fait des centaines de morts

Samia Suluhu : Le président tanzanien remporte les élections pour un nouveau mandat au milieu de manifestations qui ont fait des centaines de morts

by Clara Dubois

Publié le 1er novembre 2025 à 19h52. La présidente tanzanienne Samia Suluhu Hassan a été réélue dans un contexte de tensions vives, marqué par des manifestations et des accusations de fraude après une élection contestée. Les résultats, donnant à la présidente sortante près de 98% des voix, sont rejetés par l’opposition et suscitent de vives inquiétudes internationales.

  • Samia Suluhu Hassan a remporté un nouveau mandat présidentiel avec 98% des voix, selon la Commission électorale.
  • L’opposition dénonce une parodie de scrutin, pointant du doigt l’emprisonnement et l’exclusion de candidats clés.
  • Des manifestations violentes ont éclaté dans plusieurs villes, faisant potentiellement des centaines de morts et de blessés, tandis qu’Internet a été coupé à l’échelle nationale.

La réélection de Samia Suluhu Hassan, annoncée samedi par la Commission électorale, intervient après une campagne et un scrutin entachés de controverses. La présidente a qualifié les élections de « libres et démocratiques », tout en dénonçant un « antipatriotisme » de la part des manifestants. Elle a remercié les forces de sécurité pour avoir permis la poursuite du vote malgré les troubles.

Les partis d’opposition rejettent fermement les résultats, dénonçant un processus démocratique bafoué. Leurs principaux rivaux, Tundu Lissu, détenu pour trahison (accusation qu’il nie), et Luhaga Mbina, du Parti national (ACT-Wazalindo), ont été empêchés de se présenter pour des raisons juridiques. Seize partis marginaux, sans réel poids électoral, ont été autorisés à participer à la course.

Les observateurs internationaux s’inquiètent du manque de transparence et de l’escalade de la violence. Des informations non vérifiées font état de centaines de morts et de blessés, rendant difficile l’évaluation précise du bilan. La coupure d’Internet à l’échelle nationale complique également la vérification des faits.

Le gouvernement a prolongé le couvre-feu dans le but de réprimer les troubles. Le ministre des Affaires étrangères, Mahmoud Kombo Thabet, a minimisé l’ampleur des violences, les qualifiant d’« incidents isolés » et saluant l’action rapide des forces de sécurité.

Le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, a exprimé sa « profonde préoccupation » face à la situation en Tanzanie, notamment concernant les informations faisant état de victimes lors des manifestations. Il a appelé toutes les parties à « prévenir une nouvelle escalade ».

Plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, le Canada et la Norvège, ont également exprimé leurs préoccupations, citant des « rapports crédibles faisant état d’un grand nombre de morts et de blessés résultant de la gestion des manifestations par les services de sécurité ».

Des manifestations avaient éclaté vendredi à Dar es Salaam et dans d’autres villes, les manifestants déchiquetant des affiches électorales et s’en prenant aux forces de l’ordre et aux bureaux de vote. Un porte-parole du parti d’opposition Chadema a affirmé que « environ 700 » personnes avaient été tuées dans des affrontements avec les forces de sécurité, tandis qu’une source diplomatique citée par la BBC évoquait au moins 500 victimes.

Samia Suluhu Hassan a accédé à la présidence en 2021, succédant à John Magufuli. Son parti, Chama Cha Mapinduzi (CCM), et son prédécesseur, le TANU, dominent la vie politique tanzanienne depuis l’indépendance dans les années 1960, n’ayant jamais perdu une élection.

Avant le scrutin, des organisations de défense des droits humains avaient dénoncé une répression gouvernementale, Amnesty International évoquant une « vague de terreur » incluant des disparitions forcées, des actes de torture et des exécutions extrajudiciaires visant des figures de l’opposition.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.