Home SantéUne « tumeur sur puce » intelligente aide à comprendre comment le cancer échappe aux défenses Tous les messages

Une « tumeur sur puce » intelligente aide à comprendre comment le cancer échappe aux défenses Tous les messages

by Sophie Martin

Publié le 24 novembre 2025 10:41:00. Des chercheurs américains ont mis au point un modèle innovant de « tumeur sur puce » qui permet d’observer en temps réel comment les cellules cancéreuses déjouent le système immunitaire, ouvrant la voie à des traitements plus efficaces contre les cancers solides.

  • Une nouvelle technologie de « tumeur sur puce » reproduit fidèlement l’environnement tumoral humain.
  • L’utilisation d’un médicament existant pour le diabète de type 2, la vildagliptine, pourrait améliorer l’efficacité de l’immunothérapie.
  • Cette approche permet de tester de nouvelles thérapies plus rapidement et de réduire le recours à l’expérimentation animale.

L’immunothérapie, qui consiste à stimuler le système immunitaire pour qu’il attaque les cellules cancéreuses, a obtenu des résultats spectaculaires dans le traitement des cancers du sang. Cependant, son efficacité est limitée dans le cas des tumeurs solides, telles que les cancers du poumon ou du sein. Ces dernières se protègent grâce à un microenvironnement tumoral (MET), un véritable écosystème qui entrave l’action des cellules immunitaires.

Pour mieux comprendre les mécanismes à l’œuvre, une équipe de l’Université de Pennsylvanie a développé une version miniaturisée d’une tumeur humaine, intégrée dans une puce transparente. Ce dispositif sophistiqué contient de véritables cellules humaines et un réseau de vaisseaux sanguins microscopiques, permettant aux chercheurs d’observer en détail le comportement des cellules immunitaires face aux cellules cancéreuses. Cette « tumeur sur puce » offre un modèle particulièrement réaliste pour identifier les raisons de l’échec de l’immunothérapie et déterminer comment renforcer l’attaque immunitaire.

Les recherches menées grâce à cette technologie ont révélé que les cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins de la tumeur émettent des signaux chimiques essentiels pour guider les cellules immunitaires vers leur cible. Lorsque ces signaux s’affaiblissent, les cellules immunitaires se désorientent et perdent leur capacité à atteindre la tumeur. En administrant de la vildagliptine – un médicament déjà approuvé pour le traitement du diabète de type 2 – les chercheurs ont réussi à stabiliser ces signaux et à permettre à un plus grand nombre de cellules immunitaires d’atteindre et de détruire les cellules cancéreuses.

Une analyse approfondie des données génétiques, protéiques et métaboliques a permis d’identifier l’enzyme DPP4 comme étant responsable de la dégradation de ces signaux chimiques. L’utilisation d’inhibiteurs de la DPP4, comme la vildagliptine, est déjà bien tolérée par les patients, ce qui ouvre la voie à une réutilisation potentielle de ce médicament dans de nouvelles stratégies thérapeutiques contre le cancer.

Au-delà de ses applications thérapeutiques, la « tumeur sur puce » représente une avancée significative pour la recherche sur le cancer. Elle permet de tester rapidement et efficacement de nouvelles thérapies, réduisant ainsi le besoin d’expérimentation animale et offrant une meilleure prédiction de la réponse humaine avant le début des essais cliniques. Cette approche multidisciplinaire, combinant bio-ingénierie, science des données et médecine de précision, pourrait accélérer le développement d’immunothérapies plus efficaces, plus sûres et plus personnalisées.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue scientifique Nature Biotechnology.

Source : Nature Biotechnology, Université de Pennsylvanie

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