Home SantéScience et médecine : l’acupression peut-elle offrir une alternative plus sûre pour soulager la douleur aux personnes atteintes de démence ?

Science et médecine : l’acupression peut-elle offrir une alternative plus sûre pour soulager la douleur aux personnes atteintes de démence ?

by Sophie Martin

Publié le 2024-02-29 10:00:00. Jusqu’à 80 % des personnes atteintes de démence souffrent également de douleurs chroniques, mais le recours aux opioïdes pour les soulager présente des risques accrus. Une équipe de recherche texane explore une alternative non médicamenteuse prometteuse : l’acupression auriculaire.

  • Près de 80 % des patients atteints de démence sont également confrontés à des douleurs persistantes.
  • Les opioïdes, bien que couramment prescrits, peuvent aggraver la confusion, les chutes et même accélérer le déclin cognitif chez ces patients.
  • L’acupression auriculaire, une technique utilisant de petites graines appliquées sur l’oreille, pourrait offrir une solution alternative pour gérer la douleur.

La gestion de la douleur chez les personnes atteintes de démence représente un défi majeur pour les professionnels de santé. Selon une étude publiée dans le Pain Reports, jusqu’à 80 % de ces patients souffrent de douleurs chroniques. Or, les traitements médicamenteux traditionnels, notamment les opioïdes, comportent des effets secondaires potentiellement dangereux, amplifiés par le déclin cognitif.

« Les personnes atteintes de démence présentent un risque plus élevé de chutes, de confusion et de délire lorsqu’elles prennent des opioïdes pour soulager la douleur », explique Bianca Shieu, infirmière autorisée et professeure adjointe à l’École d’infirmières de l’Université du Texas à San Antonio (UT San Antonio). Bianca Shieu mène des recherches sur des alternatives non pharmacologiques.

L’acupression auriculaire, une technique inspirée de l’acupuncture, consiste à coller de minuscules graines de Vaccaria, une plante médicinale, sur des points spécifiques de l’oreille. En exerçant une légère pression ou en massant ces points, on stimule la libération de substances chimiques naturelles apaisantes, capables de réduire la douleur. « On ressent un léger picotement, ce qui indique que l’on stimule la zone correcte », précise Bianca Shieu. « Il suffit ensuite d’appuyer pendant environ cinq secondes sur chaque graine. »

L’équipe de Bianca Shieu s’apprête à lancer une étude d’un an, visant à évaluer la faisabilité de l’acupression auriculaire chez des patients atteints de troubles cognitifs et de douleurs chroniques, ainsi que chez leurs aidants. L’étude mesurera l’impact sur la douleur et la qualité de vie des patients, ainsi que sur le niveau de stress des aidants.

Pour faciliter l’accès à cette technique, les chercheurs ont développé un programme de formation numérique destiné aux aidants. Ce programme leur apprendra à identifier les points d’oreille appropriés, à appliquer les graines et à garantir leur bonne fixation. L’objectif est de permettre une gestion de la douleur à domicile, accessible à un public plus large, y compris dans les zones rurales où l’accès aux soins peut être limité.

« Grâce à cette formation en ligne, les aidants auront plus de flexibilité pour bénéficier de ce type de traitement et l’apprendre par eux-mêmes », souligne Bianca Shieu.

Les participants à l’étude pourront continuer à prendre leurs analgésiques sur ordonnance, mais l’espoir est de réduire progressivement leur dépendance à ces médicaments. « L’acupression, c’est un peu comme l’exercice physique : il faut la pratiquer régulièrement pour en ressentir les bienfaits. On ne peut pas s’y mettre un jour et espérer ne plus avoir mal », explique Bianca Shieu. « Il faut être patient, comme pour le sport, afin d’observer les effets maximums. »

Si les résultats de cette étude sont positifs, Bianca Shieu envisage d’étendre ses recherches à d’autres populations, notamment les patients atteints de cancer et ceux qui recherchent des alternatives aux opioïdes.

Science & Medicine est une collaboration entre TPR et le Health Science Center de l’Université du Texas à San Antonio, consacrée aux avancées scientifiques réalisées à San Antonio et à leur impact sur la pratique médicale.

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