Un match du Tournoi des Cinq Nations de 1975, opposant l’Écosse au Pays de Galles, reste gravé dans les mémoires pour son ambiance exceptionnelle et l’affluence record qu’il a attirée. Plus de 100 000 spectateurs, et peut-être jusqu’à 130 000 selon les estimations, avaient pris d’assaut le stade de Murrayfield à Édimbourg le 1er mars.
L’Écosse s’était imposée 12 à 10 dans un match haletant, empêchant le Pays de Galles de réaliser le Grand Chelem. L’affluence exacte reste un sujet de discussion, mais l’atmosphère était indéniablement électrique, témoignant d’une passion pour le rugby rarement égalée.
Sir Ian McGeechan, ancien joueur et entraîneur de l’Écosse, se souvient de cette journée comme d’un moment unique. « À l’époque, on se présentait simplement, on achetait son billet et on entrait – il n’y avait pas de pré-réservation », explique-t-il. « La Fédération écossaise de rugby (SRU) n’a jamais reconnu le chiffre de 130 000 spectateurs – mais c’était le cas. »
McGeechan évoque également les préoccupations liées à la sécurité, avec des enfants hissés par-dessus les barrières pour se placer au bord du terrain. « On ne peut pas imaginer ça aujourd’hui, mais c’était incroyable d’être témoin de ça », ajoute-t-il. Il se souvient particulièrement des élèves des écoles, alignés le long de la ligne de touche, vêtus de leurs uniformes scolaires, une tradition de l’époque.
« Nous avons empêché le Pays de Galles de gagner le Grand Chelem », conclut-il. « On se souvient surtout de la sensation que l’on avait, plus que des événements eux-mêmes. On réalise à quel point un match peut avoir un impact durable sur nous. »
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