Home Technologie et scienceSeanie Spillane parle de la vie dans les coulisses de The Everyman

Seanie Spillane parle de la vie dans les coulisses de The Everyman

by Thomas Caron

Publié le 28 décembre 2025 08h14. Derrière les paillettes et la magie des pantomimes de Noël à Cork, se cache un travail d’équipe colossal et une évolution technique constante, incarnés par Seanie Spillane, technicien de scène à l’Everyman depuis plus de deux décennies.

  • Seanie Spillane, technicien à l’Everyman de Cork, travaille sur les pantomimes depuis 23 ans.
  • Son rôle a évolué avec l’introduction de nouvelles technologies, notamment l’éclairage LED et les systèmes de machinerie modernisés.
  • Il participe également, avec humour, à des caméos orchestrés par la directrice artistique Catherine Mahon Buckley.

Pour beaucoup, la pantomime est un incontournable des fêtes de fin d’année. À Cork, elle est particulièrement chère au cœur de Seanie Spillane, technicien de scène à l’Everyman. Son histoire avec ce spectacle familial a débuté il y a 23 ans, lors de la production de Cendrillon.

Aujourd’hui, Seanie est responsable de la construction des décors et de la gestion de la scène. Son rôle a considérablement changé depuis ses débuts. « Je suis chef d’équipe sur les pantos, donc si une roue bloque ou une porte se brise, je dois intervenir en quelques secondes pour assurer le bon déroulement du spectacle », explique-t-il.

En 2002, lorsqu’il a commencé comme technicien, son travail était beaucoup plus physique. « Il y a eu énormément de changements au cours des dix dernières années », constate-t-il. Parmi ces évolutions, l’introduction de nouveaux équipements sonores et le remplacement de l’ancien système d’éclairage par des LED. Mais la transformation la plus significative est survenue en 2009 avec l’installation de nouveaux systèmes de machinerie et de contrepoids.

« Cela a rendu notre travail beaucoup plus facile qu’à l’époque où l’on tirait les cordes à la main. Jusqu’en 2009, c’était un travail très exigeant physiquement. Si une barre ou un tissu menaçait de tomber pendant une scène, il fallait quelqu’un pour le retenir, et ces éléments étaient très lourds. Parfois, il fallait même deux personnes pour manipuler certains tissus. Ce n’était pas simple, surtout pendant les pantomimes où les changements de scène sont fréquents. Deux personnes s’affairaient à monter un tissu pendant que d’autres en descendaient un autre. »

Catherine Mahon Buckley, qui dirige les pantomimes de l’Everyman et de CADA (Cork Amateur Dramatic Association) depuis 30 ans, a une habitude amusante : réserver une petite surprise à Seanie. « Catherine est une amie, et pour une raison que j’ignore, elle me fait toujours jouer un rôle, un petit caméo. Ces dernières années, j’ai incarné Donald Trump en costume complet, perruque et cravate », raconte Seanie en riant.

Apprécie-t-il ces moments sur scène ? « J’adore ça, même si ce n’est que pour quelques secondes. C’est très amusant. » Mais c’est véritablement dans les coulisses que Seanie se sent le plus à l’aise pendant la période des pantomimes.

« C’est une période extrêmement chargée pour moi, mais j’adore ça. C’est un moment privilégié avec l’équipe, que l’on ne retrouve pas le reste de l’année. »

Seanie Spillane, technicien de scène à l’Everyman

« Nous travaillons en famille pendant 10 à 12 semaines. On mange, on boit, on dort presque ensemble, car il y a souvent deux, voire trois représentations par jour. On devient une grande famille », témoigne-t-il. La saison des pantomimes s’étend généralement de novembre à janvier, et Seanie décrit cette période comme un rythme effréné : « c’est go, go, go, go ! »

« Tout est en direct et les choses changent très vite. Les scènes s’enchaînent rapidement, et sur six à huit semaines, des problèmes finissent toujours par survenir », explique-t-il. L’Everyman propose une programmation variée tout au long de l’année, et Seanie souligne la diversité des spectacles présentés aujourd’hui. « Il ne s’agit plus seulement de drames et d’opéras ; la programmation s’est diversifiée, et de nombreux publics apprécient des spectacles très différents. »

« Il n’y a pas deux jours pareils. Un jour, nous installons un décor massif, et le lendemain, c’est un spectacle solo. »

Seanie Spillane, technicien de scène à l’Everyman

Il prend l’exemple récent de La Fille du Train : « Le décor était immense et il nous a fallu cinq heures pour tout démonter et charger dans deux camions après la dernière représentation le dimanche soir. Nous avons terminé vers 4 heures du matin. Le lendemain, c’était un spectacle solo sur scène. »

« C’est ça, la vie au théâtre. Le théâtre est plein de surprises et il n’y a jamais deux spectacles identiques. »

Seanie accorde une importance particulière aux spectacles de Pâques organisés par les écoles de théâtre de Cork. « On peut avoir des enfants de 2 à 17 ans sur scène, et parfois jusqu’à 50 ou 60 enfants pendant les répétitions. J’ai eu mes deux premiers petits-enfants l’année dernière et j’étais très fier d’eux – ils ont seulement cinq ans », confie-t-il.

Il compare la production des spectacles de l’Everyman à un iceberg. « On ne voit que la partie émergée, c’est-à-dire le spectacle lui-même, mais on ne voit pas tout ce qui se passe en coulisses : les répétitions, la billetterie, le personnel de nettoyage… tout le monde joue un rôle dans la production. »

Seanie exprime sa gratitude envers son équipe et son directeur technique, Mark Donovan. « Nous sommes quatre dans l’équipe [Seanie, Freddie, Patridge et Louis] et sans eux, je serais perdu. Ces trois personnes me soutiennent sans faille. C’est comme une autre famille. Ils perpétueront l’héritage que j’ai construit au cours des 23 dernières années et y ajouteront leur propre touche », conclut-il.

Cet article est paru dans le Branche de houx 2025.

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