Publié le 16 octobre 2025 03:49:00. Une nouvelle évaluation alarmante révèle que sept des neuf limites planétaires qui maintiennent la stabilité de la Terre ont déjà été dépassées, signalant une dégradation accélérée de la santé de notre planète.
- Le rapport Planetary Health Check (PHC) met en évidence un dépassement critique de sept limites planétaires, dont le changement climatique et l’acidification des océans.
- Seuls deux processus restent dans une zone de fonctionnement sûre : la charge en aérosols atmosphériques (en amélioration) et l’ozone stratosphérique (stable).
- L’acidification des océans, en particulier dans les zones polaires et côtières, présente des signes récents de dommages à la vie marine.
Les activités humaines exercent une pression sans précédent sur les systèmes terrestres, poussant la planète au-delà de ses limites de sécurité, selon le dernier rapport Planetary Health Check (PHC). Cette évaluation, basée sur neuf processus essentiels à la régulation de la stabilité et de la résilience de la Terre, quantifie l’état de ces limites à travers des variables de contrôle spécifiques.
Le rapport de 2025 sur les Scénarios Socio-économiques Partagés (SSP) conclut que sept des neuf limites planétaires ont été franchies et que leur situation continue de se détériorer. Parmi ces limites dépassées figurent le changement climatique, l’intégrité de la biosphère, l’utilisation des terres, les ressources en eau douce, les flux biogéochimiques, l’introduction de nouvelles entités (notamment les produits chimiques synthétiques non testés) et l’acidification des océans.
L’acidification des océans est particulièrement préoccupante. Le pH de l’eau, indicateur de son acidité ou de son alcalinité, diminue en raison de l’excès de dioxyde de carbone. ABC News cite Levke Caesarová, co-responsable du Planetary Boundaries Science Lab et co-auteure du rapport, qui explique :
« L’océan devient plus acide, les niveaux d’oxygène diminuent et les vagues de chaleur dans les mers s’intensifient. »
Levke Caesarová, co-responsable du Planetary Boundaries Science Lab
Des preuves récentes indiquent des dommages à la vie marine, en particulier dans les eaux polaires et côtières, liés à cette acidification croissante. Les auteurs du rapport mettent en garde contre les risques accrus pour les autres espèces marines, exacerbés par les émissions de dioxyde de carbone dues aux activités humaines.
Parallèlement, le rapport souligne que les flux biogéochimiques sont dans la situation la plus critique. L’utilisation excessive d’engrais continue de surcharger les sols et les eaux en azote et en phosphore, entraînant pollution et formation de zones mortes, sans signe d’amélioration. Le phosphore et l’azote sont considérés comme présentant un risque élevé, mais la fixation de l’azote pour l’agriculture est particulièrement alarmante, en raison de l’augmentation massive de la proportion d’azote dans le sol par rapport à l’atmosphère.
Selon Johan Rockström, directeur de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du changement climatique,
« Nous assistons à une détérioration à grande échelle de la santé de notre planète. Mais ce n’est pas une issue inévitable. Même si le diagnostic est grave, il existe toujours une possibilité de correction. L’échec n’est pas inévitable, l’échec est un choix. Un choix que nous devons éviter et qui peut être évité. »
Johan Rockström, directeur de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur l’impact du changement climatique
Le rapport complet, incluant une évaluation de 13 variables de contrôle mesurées dans les neuf processus aux limites planétaires, est disponible sur Planetary Health Check.
