Publié le 2025-11-01 22:37:00. Téhéran affirme que son stock d’uranium enrichi n’a pas été déplacé malgré les récentes frappes américaines et israéliennes sur ses installations nucléaires, réaffirmant sa détermination à poursuivre son programme et à refuser toute négociation sur ses missiles.
- Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, assure que l’uranium enrichi produit en Iran reste sur les sites bombardés en juin.
- L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirme que la majorité des 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % (uranium enrichi à un niveau proche de celui requis pour les armes nucléaires) est toujours stockée à Ispahan, Natanz et Fordow.
- L’Iran réitère son refus de négocier sur son programme balistique ou nucléaire, et critique la politique de l’administration Trump.
Malgré les frappes aériennes récentes, l’Iran maintient que son programme nucléaire, qu’il présente comme exclusivement pacifique, est intact. Le ministre des Affaires étrangères, Abbas Araqchi, a déclaré dans une interview à Al Jazeera que le matériel nucléaire n’avait pas été transféré des installations attaquées et que la technologie et les capacités du pays restaient intactes.
Ces déclarations interviennent après une série d’attaques. Le 13 juin, Israël a mené une offensive ciblant trois installations nucléaires iraniennes, suivie le 22 juin par des frappes américaines. Un cessez-le-feu a été déclaré le 24 juin, mais la région reste marquée par une tension persistante, aggravée par l’absence d’inspections régulières de l’AIEA sur les sites touchés.
Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, avait précédemment indiqué que « la plupart des 400 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 % n’avaient pas été détruits » et restaient stockés à Ispahan, Natanz et Fordow. Cette information soulève des inquiétudes quant au risque de contamination et à la perte de contrôle des matériaux, compliquant les efforts de vérification de l’AIEA.
Selon des sources diplomatiques à Vienne, l’accès aux zones bombardées demeure limité. Israël, de son côté, insiste sur l’existence d’infrastructures nucléaires secrètes en Iran, potentiellement à des fins militaires. Washington examine actuellement la possibilité de renforcer la surveillance conjointe avec l’AIEA et les pays européens signataires de l’accord nucléaire de 2015, actuellement suspendu.
Abbas Araqchi a également critiqué la décision de l’ancien président américain Donald Trump, la qualifiant de « mesure régressive et irresponsable ». Il a déclaré sur les réseaux sociaux :
« Un criminel armé d’armes nucléaires reprend les essais nucléaires tout en diabolisant le programme nucléaire pacifique de l’Iran. »
Abbas Araqchi, ministre iranien des Affaires étrangères
Les analystes estiment que les affirmations d’Araqchi visent à réaffirmer la souveraineté iranienne et à projeter une image de résilience face aux pressions internationales. Cet épisode relance le débat sur la prolifération nucléaire régionale et sur le rôle des grandes puissances dans la prévention d’une nouvelle course aux armements au Moyen-Orient.
