Beaucoup se préparent plus méticuleusement à leurs vacances qu’à leur retraite. La raison est simple : organiser un voyage est un plaisir, tandis que la planification financière d’une retraite peut s’avérer fastidieuse et décourageante. Nombreux sont ceux qui, même avec plusieurs années de travail devant eux, repoussent cette tâche, la considérant comme non urgente.
Résultat : la planification de la retraite se fait souvent par étapes, se concentrant principalement sur l’épargne et l’investissement, au détriment d’autres aspects essentiels.
À l’approche de la retraite – disons, dans les dix années précédant le départ du marché du travail – il est crucial d’adopter une stratégie globale et de rassembler tous les éléments nécessaires pour une préparation optimale.
Une planification complète permet d’anticiper les défis et d’aborder la retraite avec sérénité. Voici les principaux facteurs à prendre en compte :
Ce qui change
Pour réussir sa retraite, il est indispensable d’établir un plan de revenus annuel écrit. Ce document doit clairement indiquer :
- Le montant de l’argent disponible sur les différents comptes.
- La manière de générer des revenus – quels comptes utiliser et quand.
- La gestion des impôts chaque année.
- L’ajustement du plan en fonction de l’inflation.
Il est essentiel d’analyser en détail toutes les dépenses mensuelles actuelles. Ces dépenses servent de base pour estimer les besoins financiers à la retraite, où le temps libre est plus important, mais les revenus potentiellement réduits.
Cette analyse permet également d’identifier les postes de dépenses à réduire et de développer un esprit budgétaire, souvent nécessaire à la retraite. Malheureusement, beaucoup ignorent le montant exact de leurs dépenses. Sur de nombreuses personnes interrogées, seulement quelques-unes connaissaient précisément leurs dépenses mensuelles.
Pour déterminer vos dépenses réelles, examinez attentivement tous les retraits effectués sur vos relevés bancaires au cours des douze derniers mois, y compris les dépenses courantes comme l’hypothèque, les factures et les loisirs. Évitez les estimations approximatives, car elles peuvent entraîner des erreurs significatives, représentant entre 30 et 50 % du rendement réel. Sur une période de 10 à 15 ans, cette erreur peut faire la différence entre une retraite confortable et la nécessité de reprendre une activité professionnelle.
Réduisez votre risque de marché
De nombreuses personnes prennent des risques excessifs avec leurs investissements. À l’approche de la retraite, il est judicieux de commencer à aligner ses placements sur la règle des 100. Cette formule consiste à réduire progressivement l’exposition aux actions en fonction de l’âge.
En soustrayant son âge de 100, on obtient le pourcentage du portefeuille qui devrait être investi en actions. Le reste doit être protégé contre les fluctuations du marché. Ainsi, une personne de 60 ans devrait avoir 60 % de son épargne protégée et 40 % investi en actions.
Pendant les années de travail, il est possible de supporter les hauts et les bas des marchés. Cependant, une fois à la retraite, sans revenu salarial, la volatilité du marché peut être plus préjudiciable. La stratégie d’investissement périodique, consistant à investir un montant fixe à intervalles réguliers, permet de lisser le coût moyen d’acquisition des actifs.
Cependant, cette stratégie s’inverse à la retraite, lorsque des retraits mensuels sont nécessaires pour couvrir les dépenses. Même si le marché finit l’année en positif, il peut connaître des périodes de baisse. Tenter de prédire les mouvements du marché est inutile. Une baisse importante du marché (30 %, 40 % ou 50 %) peut compromettre la capacité de se rétablir.
Examinez votre exposition fiscale et gérez-la
Une enquête récente a révélé que près de la moitié des retraités ne comprennent pas l’impact des impôts sur leur retraite, et près de 40 % estiment que le montant de leurs impôts est différent de ce qu’ils avaient prévu.
Les personnes disposant de 401(k) ou d’IRA peuvent être confrontées à des difficultés fiscales lors des retraits à la retraite. Les retraits obligatoires (RMD) commencent à 73 ans (ou 75 ans pour ceux nés en 1960 ou après). Ces revenus imposables peuvent entraîner un passage dans une tranche d’imposition supérieure, surtout si l’on ajoute les revenus de la sécurité sociale, qui sont également imposables et peuvent augmenter les primes Medicare.
Pendant les années de travail, il est important de choisir les bons placements pour maximiser les avantages fiscaux, comme les Roth 401(k). Il est essentiel de tenir compte du taux d’imposition potentiel lors des retraits à la retraite, et pas seulement des taux de rendement.
Choisissez votre meilleure option de soins de santé
Si vous envisagez de prendre votre retraite avant 65 ans, il est important de prévoir une assurance maladie pour combler le fossé jusqu’à l’âge de Medicare. Certaines personnes continuent de travailler uniquement pour bénéficier de l’assurance maladie de leur employeur. Cependant, si vous trouviez une autre option, pourriez-vous prendre votre retraite plus tôt ?
La loi sur les soins abordables prévoit des subventions basées sur le revenu, et chaque État dispose d’une bourse où l’on peut acheter des plans de santé individuels ou familiaux. COBRA peut être coûteux, sauf si votre employeur subventionne temporairement votre couverture dans le cadre d’une indemnité de départ. Si votre conjoint travaille toujours, une autre option pourrait consister à adhérer à son régime.
Une fois que vous avez atteint l’âge de Medicare, vous aurez besoin d’un plan complémentaire Medicare et d’un régime d’assurance médicaments sur ordonnance. Les pénalités d’inscription tardive à Medicare peuvent augmenter vos primes mensuelles si vous ne vous inscrivez pas à la partie A, la partie B ou la partie D lorsque vous y êtes éligible pour la première fois. Cependant, vous pouvez retarder votre inscription à la partie B et à la partie D sans pénalité si vous avez une couverture admissible par l’intermédiaire de votre employeur actuel ou de celui de votre conjoint.
Les coûts importants qui peuvent frapper les gens à long terme sont ceux que Medicare ne couvre généralement pas, comme les soins prolongés dans les maisons de retraite, les résidences-services et l’assistance à domicile. L’assurance dépendance peut protéger vos actifs (un facteur encore plus important pour ceux qui souhaitent laisser un héritage), mais les primes peuvent être élevées. Elle réduit également la charge de soins des membres de la famille, présente des avantages fiscaux potentiels et permet à la personne assurée de protéger la stabilité financière de son conjoint.
En résumé, une planification minutieuse et exhaustive est essentielle pour une retraite réussie. Ne tardez pas à mettre en place tous les éléments de votre plan, afin de pouvoir profiter pleinement de ces années durement gagnées.
