Publié le 28 septembre 2025 à 05h32. De plus en plus de jeunes entreprises américaines spécialisées dans l’intelligence artificielle adoptent un modèle de travail extrême, inspiré des pratiques controversées observées en Chine, afin de survivre dans un secteur ultra-compétitif et confronté à des contraintes budgétaires sévères.
- Les start-up d’IA américaines recourent de plus en plus au modèle de travail « 996 », qui impose aux employés une semaine de travail de 72 heures.
- Bien que la législation protège contre les heures de travail excessives, la pression implicite pousse souvent les employés à dépasser les limites légales sans compensation adéquate.
- Des figures emblématiques de la technologie ont défendu les longues heures de travail comme un moteur d’innovation, mais des études mettent en garde contre les risques pour la santé associés à ce rythme effréné.
Le modèle « 996 », initialement apparu dans le secteur technologique chinois, se répand désormais dans la Silicon Valley. Cette formule exige des employés qu’ils travaillent de 9h à 21h, six jours par semaine, soit un total de 72 heures hebdomadaires. Si en Chine, cette pratique était présentée comme un moyen de prendre l’avantage dans une économie en pleine croissance, aux États-Unis, elle est souvent perçue comme une question de survie.
Les start-up d’intelligence artificielle, en particulier, sont confrontées à une concurrence intense et à des difficultés à lever des fonds. Pour répondre aux attentes des investisseurs et mener à bien leurs projets, elles ont souvent recours à des heures supplémentaires non rémunérées. Malgré les lois protégeant contre les heures de travail excessives, tant aux États-Unis qu’en Chine, la réalité sur le terrain est souvent différente. En Chine, la semaine de travail légale est de 44 heures, mais de nombreuses entreprises ne respectent pas cette réglementation. Aux États-Unis, la pression implicite encourage les employés du secteur technologique à dépasser les heures normales sans compensation supplémentaire.
Des personnalités influentes du monde de la technologie, comme Elon Musk de Tesla, ont publiquement défendu les longues heures de travail comme un catalyseur d’innovation et de croissance. Ils présentent ces sacrifices comme nécessaires pour réaliser des avancées significatives. Cependant, les critiques soulignent les conséquences néfastes de ce rythme sur la santé. Des études ont établi un lien clair entre les longues heures de travail et un risque accru de problèmes cardiaques, d’accidents vasculaires cérébraux, d’anxiété et de dépression.
Derrière l’image idéalisée du dévouement sans faille se cache souvent une réalité plus sombre. D’anciens employés de Tesla ont témoigné d’une culture d’entreprise où le bien-être personnel est sacrifié au profit des objectifs de l’entreprise. Des témoignages font état de travailleurs dormant sur le sol de l’usine après des journées épuisantes, voire s’évanouissant en raison de l’épuisement. Ces exemples illustrent les dangers de repousser les limites humaines au-delà de leurs capacités.
Malgré ces préoccupations, certains dirigeants de start-up estiment que des efforts extrêmes sont indispensables pour maintenir un avantage concurrentiel dans un secteur en constante évolution. Ils considèrent la flexibilité des heures de travail comme une nécessité stratégique pour assurer la survie et le succès de leur entreprise. La question demeure toutefois : à quel prix ?
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