Publié le 2024-05-08 14:35:00. La démence touche aujourd’hui plus de 57 millions de personnes dans le monde, un chiffre en constante augmentation. Une nouvelle étude révèle que six symptômes spécifiques de la dépression pourraient constituer des signaux d’alerte précoce pour le développement de cette maladie.
Le nombre de personnes atteintes de démence ne cesse de croître à l’échelle mondiale. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que plus de 57 millions de personnes en souffrent actuellement, avec environ 10 millions de nouveaux cas diagnostiqués chaque année. Les causes de cette maladie complexe sont multiples et font l’objet de recherches approfondies.
Une étude récente menée par l’University College London a mis en évidence un lien précis entre certains symptômes dépressifs et un risque accru de démence. Les chercheurs ont identifié six manifestations particulières de la dépression qui pourraient servir d’indicateurs précoces. « Nos résultats montrent que le risque de démence n’est pas lié à la dépression dans son ensemble, mais à une poignée de symptômes dépressifs spécifiques », explique l’épidémiologiste et psychologue Philipp Frank, cité par ScienceAlert.
L’étude, basée sur l’analyse des données de 5 811 participants, a suivi un échantillon de personnes âgées de 45 à 69 ans entre 1997 et 1999. Leur état de santé a été régulièrement évalué pendant plus de vingt ans. Au terme de cette période, 10,1 % des participants avaient développé une démence. Les personnes ayant signalé au moins cinq symptômes dépressifs présentaient un risque accru de 27 % de développer la maladie. Cependant, ce risque accru était particulièrement associé à six symptômes spécifiques, parmi les trente examinés.
- Perte de confiance en soi
- Difficulté à faire face aux problèmes
- Manque de lien émotionnel avec les autres
- Nervosité persistante
- Problèmes de concentration
- Insatisfaction à l’égard de sa propre façon de travailler
Le lien était particulièrement fort entre une faible confiance en soi et des difficultés à surmonter les obstacles – ces deux symptômes augmentant le risque de démence d’environ 50 %. D’autres symptômes, tels que des troubles du sommeil ou des idées suicidaires, n’ont en revanche pas montré de corrélation significative avec un diagnostic de démence à long terme.
Les chercheurs soulignent toutefois que ces résultats doivent être interprétés avec prudence. L’étude a été menée exclusivement au Royaume-Uni et portait principalement sur des personnes en bonne santé. De plus, la prévalence de la démence dans le groupe étudié était inférieure à celle observée dans la population générale.
Néanmoins, ces découvertes suggèrent que certains aspects de la dépression pourraient être liés à un risque accru de démence, ouvrant ainsi de nouvelles pistes pour comprendre pourquoi certains cerveaux sont plus vulnérables que d’autres. L’étude complète est disponible en ligne.
cz