Home MondeSofia Corradi, la fondatrice européenne d’Erasmus, est décédée à l’âge de 91 ans.

Sofia Corradi, la fondatrice européenne d’Erasmus, est décédée à l’âge de 91 ans.

by Clara Dubois

L’Europe est en deuil de Sofia Corradi, l’architecte du programme d’échanges universitaires Erasmus, décédée à Rome à l’âge de 91 ans. Son initiative a permis à plus de 16 millions de jeunes de vivre une expérience d’études à l’étranger, transformant ainsi le paysage de l’éducation européenne.

Professeur d’éducation à l’université Roma 3, Sofia Corradi était affectueusement surnommée « Mamma Erasmus » par ceux qui ont bénéficié de son programme. C’est en 1987 qu’elle a vu son projet prendre forme, une réponse à une frustration personnelle : à son retour d’une bourse Fulbright à l’université Columbia de New York, où elle avait obtenu une maîtrise en droit, ses diplômes n’avaient pas été reconnus par le système éducatif italien.

Cette expérience l’a conduite à imaginer un système d’échange qui valoriserait les études à l’étranger et faciliterait la reconnaissance des qualifications. Erasmus, géré par l’Union européenne, a depuis promu une coopération accrue entre les universités et les établissements d’enseignement supérieur à travers le continent.

« C’était ma mission pacifiste personnelle », avait-elle confié en 2018, soulignant la genèse du programme pendant la guerre froide et son ambition de favoriser la compréhension mutuelle entre les peuples.

Au-delà de son rôle central dans la création d’Erasmus, Sofia Corradi a mené des recherches approfondies sur le droit à l’éducation pour des organisations internationales prestigieuses, notamment la Commission des droits de l’homme des Nations Unies, l’Académie de droit international de La Haye et la London School of Economics.

La nouvelle de son décès a suscité de nombreuses réactions. Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a salué une femme qui « a inspiré la vie de millions de jeunes qui ont voyagé, étudié et embrassé différentes cultures », lui attribuant la création d’une véritable « génération Europe ». De son côté, Benjamin Haddad, ministre délégué français aux Affaires européennes, a exprimé sur les réseaux sociaux sa gratitude envers celle à qui « des générations de jeunes Européens doivent beaucoup ».

Sa famille a décrit Sofia Corradi comme une femme « d’une grande énergie et d’une grande générosité intellectuelle et émotionnelle ».

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